Motional Révolutionne Le Robotaxi Avec L’IA En 2026

Imaginez-vous monter dans un véhicule qui se conduit tout seul, slalomer entre les taxis pressés et les touristes distraits sur le Strip de Las Vegas, sans qu’aucune main humaine ne touche le volant. Ce scénario, encore futuriste pour beaucoup, devient réalité pour Motional qui annonce un virage stratégique majeur : placer l’intelligence artificielle au cœur de son système de conduite autonome pour relancer son projet robotaxi d’ici fin 2026. Dans un secteur où les annonces ambitieuses se heurtent souvent à la réalité technique et réglementaire, ce repositionnement pourrait bien marquer un tournant décisif.

Pour les entrepreneurs, les investisseurs et les passionnés de technologies disruptives, l’histoire de Motional est fascinante. Elle illustre parfaitement comment une entreprise peut rebondir face à l’adversité grâce à une adoption rapide des dernières avancées en IA. Retour sur ce pivot stratégique qui pourrait redéfinir la course aux véhicules autonomes de niveau 4.

Un parcours semé d’embûches pour Motional

Créée en 2018 sous la forme d’une joint-venture à 4 milliards de dollars entre le géant automobile Hyundai et le spécialiste des technologies Aptiv, Motional s’était donné pour mission d’accélérer le déploiement de flottes de robotaxis commerciales. Les promesses étaient énormes : un service sans chauffeur avec Lyft dès 2023, puis une expansion rapide vers d’autres villes américaines.

Mais la réalité s’est révélée bien plus complexe. Retards répétés, retrait d’Aptiv du capital en 2023, nécessité pour Hyundai d’injecter un milliard supplémentaire pour maintenir l’entreprise à flot, et surtout plusieurs vagues de licenciements : près de 40 % des effectifs en mai 2024. De 1 400 collaborateurs à son apogée, l’entreprise est passée sous la barre des 600 personnes. Face à ce constat, les dirigeants ont pris une décision radicale : tout arrêter pour repartir sur de nouvelles bases.

« Nous avons vu l’énorme potentiel des avancées en IA et nous avons compris que, même si notre système était sûr, il restait un fossé important pour atteindre une solution abordable, généralisable et scalable à l’échelle mondiale. »

– Laura Major, présidente et CEO de Motional

Ce choix de « pause stratégique » a permis à l’équipe de repenser entièrement l’architecture logicielle de son véhicule autonome. Exit l’approche modulaire classique avec des dizaines de modèles machine learning spécialisés et des règles codées en dur ; place à une architecture beaucoup plus intégrée, centrée sur les fondation models inspirés des grands modèles de langage.

L’IA au cœur du nouveau système de conduite autonome

Historiquement, les systèmes de conduite autonome reposaient sur une approche modulaire : un module pour la perception (détection des objets), un pour la prédiction des comportements, un pour la planification de trajectoire, etc. Chaque composant utilisait souvent son propre modèle d’apprentissage, parfois combiné à des règles if-then très précises. Si cette méthode a permis des avancées considérables, elle présentait aussi des limites majeures en termes de coût, de complexité et de capacité de généralisation.

Avec l’émergence des architectures transformer et des modèles de grande taille (comme ceux qui ont donné naissance à ChatGPT), une nouvelle voie s’est ouverte : construire un modèle unifié capable de traiter simultanément la perception, la prédiction et la planification à partir d’une entrée commune (principalement les données des capteurs). C’est exactement la direction prise par Motional.

Laura Major explique que l’entreprise conserve tout de même certains modèles plus petits et spécialisés pour certaines tâches critiques, obtenant ainsi « le meilleur des deux mondes » : la puissance de généralisation d’un grand modèle et la précision contrôlée de modules dédiés. Cette hybridation est cruciale pour deux objectifs principaux :

  • Réduire drastiquement le temps et le coût d’adaptation à de nouvelles villes ou de nouveaux scénarios routiers
  • Atteindre un niveau de performance suffisant pour rendre l’exploitation économiquement viable

Concrètement, au lieu de devoir réécrire des milliers de règles spécifiques quand un feu tricolore change de forme ou que les panneaux de signalisation diffèrent, l’équipe collecte simplement des données locales, fine-tune le modèle, et le véhicule devient capable de s’adapter rapidement.

Premiers tours de roue impressionnants à Las Vegas

Fin 2025 et début 2026, Motional a progressivement rouvert son service interne à ses employés, toujours avec un opérateur de sécurité à bord. Puis, elle a invité des journalistes à tester le système dans les conditions réelles du Strip et des abords des grands hôtels-casinos. Le résultat ? Un véhicule capable de gérer des situations extrêmement complexes : doubles files, piétons imprévisibles, valets pressés, livraisons en double file…

L’un des moments les plus marquants reste la capacité du véhicule à s’insérer lentement mais sûrement dans une zone de dépose ultra-fréquentée devant l’Aria Hotel, en négociant avec un taxi arrêté et une foule de clients. Là où auparavant un opérateur devait reprendre la main dans ce genre de situation, le système gère désormais seul ces environnements chaotiques.

Bien sûr, le véhicule reste prudent : il prend parfois plusieurs secondes pour analyser une situation ambiguë (comme contourner une camionnette Amazon mal garée). Mais cette prudence est précisément ce qui permet d’atteindre le niveau de sécurité exigé pour une exploitation sans opérateur.

Le calendrier 2026 : de l’opérateur humain au full driverless

Motional a annoncé un planning clair et ambitieux :

  • Mi-2026 : ouverture du service avec opérateur de sécurité à un partenaire de mobilité (Lyft et Uber sont déjà dans le viseur)
  • Fin 2026 : retrait total de l’opérateur et lancement commercial véritablement driverless à Las Vegas

Ce calendrier positionne Motional comme l’un des acteurs les plus avancés parmi les « outsiders » du secteur, derrière les leaders Tesla, Waymo et Cruise, mais avec un avantage certain : le soutien financier massif et la volonté affichée de Hyundai de pousser jusqu’au bout.

« Robotaxis, c’est l’étape numéro un, avec un impact énorme. Mais à long terme, la vraie vision est d’intégrer ce niveau 4 dans les voitures personnelles des particuliers. »

– Laura Major

Cette vision « Level 4 sur véhicule personnel » est cruciale pour les constructeurs automobiles traditionnels. Hyundai, qui détient aujourd’hui la majorité de Motional, voit clairement dans cette technologie un moyen de différencier ses futurs modèles haut de gamme et de capter une nouvelle source de revenus via des abonnements logiciels.

Quelles leçons pour les entrepreneurs tech et les investisseurs ?

L’histoire récente de Motional est riche d’enseignements pour toute entreprise tech confrontée à un environnement qui évolue très vite :

  • Ne pas avoir peur de pivoter radicalement quand la technologie de rupture arrive. Rester attaché à une architecture qui a fait ses preuves peut devenir un handicap mortel.
  • La course à l’IA fondationnelle touche désormais tous les secteurs physiques. L’automobile n’est que le premier domaine visible, mais la robotique industrielle, la logistique, l’agriculture… suivront rapidement.
  • Dans les technologies très capitalistiques, le soutien d’un industriel solide (ici Hyundai) peut faire la différence entre survivre et disparaître.
  • La capacité à généraliser rapidement à de nouveaux environnements est devenue le principal facteur de compétitivité, plus que la performance brute dans un environnement contrôlé.

Pour les startups qui travaillent sur des produits physiques ou hybrides, l’exemple Motional montre qu’il est parfois préférable de ralentir temporairement pour changer de paradigme technologique plutôt que de continuer sur une voie qui risque de devenir obsolète.

Perspectives 2027-2030 : la bataille des flottes autonomes

Si Motional tient son calendrier, 2027 pourrait voir l’apparition de plusieurs flottes concurrentes à Las Vegas et dans d’autres villes pilotes. Waymo (Alphabet) continue d’étendre son service à San Francisco, Phoenix et Los Angeles ; Zoox (Amazon) prépare ses véhicules sans volant ; Tesla promet toujours son Robotaxi Network ; et de nouveaux entrants chinois (Baidu Apollo, AutoX, WeRide) arrivent sur le marché américain.

Dans ce contexte ultra-concurrentiel, les différenciateurs clés seront :

  • Le coût total par mile parcouru (hardware + compute + assurance + maintenance)
  • La vitesse d’expansion géographique
  • La capacité à obtenir des autorisations réglementaires sans chauffeur
  • La qualité de l’expérience utilisateur (interface, fluidité, propreté du véhicule)

Motional mise clairement sur le premier et le deuxième point grâce à son architecture IA plus légère et plus généralisable. Reste à voir si cela suffira face à des acteurs qui ont déjà plusieurs années d’avance en termes de données collectées et de kilomètres autonomes parcourus.

Impact sur l’industrie automobile traditionnelle

Pour Hyundai et les autres constructeurs, le message est clair : l’avenir ne se joue plus seulement sur la qualité mécanique ou le design, mais sur la maîtrise logicielle et particulièrement sur l’IA embarquée. Les véhicules deviendront progressivement des « ordinateurs sur roues » avec des mises à jour over-the-air majeures tous les six mois.

Ce basculement implique une refonte complète des chaînes de valeur : les fournisseurs de capteurs LiDAR, radars et caméras haute résolution, les fondeurs de puces automobiles (NVIDIA, Qualcomm, Mobileye), les spécialistes du mapping HD et bien sûr les entreprises d’IA pure player seront au centre des partenariats stratégiques des dix prochaines années.

Les gagnants seront ceux qui réussiront à combiner le meilleur des deux mondes : la fiabilité industrielle d’un grand constructeur et l’agilité logicielle d’une startup IA.

Conclusion : 2026, année charnière pour la mobilité autonome ?

Motional, après avoir frôlé la disparition, semble avoir trouvé une seconde jeunesse grâce à l’IA. En misant sur une architecture unifiée et généralisable, l’entreprise espère rattraper son retard et devenir l’un des acteurs majeurs du marché des robotaxis d’ici 2027-2028.

Pour les entrepreneurs et investisseurs qui suivent de près l’IA appliquée au monde physique, l’année 2026 s’annonce décisive. Elle pourrait marquer le moment où les promesses des véhicules autonomes commenceront enfin à se concrétiser à grande échelle. Une chose est sûre : la course ne fait que commencer, et elle promet d’être spectaculaire.

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