Mira Murati Perd Deux Cofondateurs au Profit d’OpenAI

Imaginez : vous venez de lever 2 milliards de dollars en seed pour votre startup IA ultra-prometteuse, vous avez convaincu certains des meilleurs cerveaux du secteur de vous rejoindre, et à peine quelques mois plus tard, deux de vos trois cofondateurs décident de retourner chez votre ancien employeur ultra-dominant. C’est exactement la situation à laquelle Mira Murati fait face aujourd’hui avec Thinking Machines Lab. Ce retournement de situation illustre de manière frappante la férocité de la guerre des talents dans l’intelligence artificielle en 2026.

Le 14 janvier 2026, la nouvelle a secoué la communauté tech : Barret Zoph, cofondateur et CTO de Thinking Machines Lab, ainsi que Luke Metz, autre cofondateur, rejoignent officiellement OpenAI. Quelques heures seulement après l’annonce sobre de Mira Murati sur X, Fidji Simo, CEO des applications chez OpenAI, confirmait publiquement leur retour avec un troisième ex-collaborateur de la startup.

Un départ qui ne passe pas inaperçu

Ce qui rend cet événement particulièrement significatif, ce n’est pas seulement le fait que des talents de haut niveau bougent – chose courante dans la Silicon Valley – mais bien le timing et le contexte. Thinking Machines Lab n’a même pas encore fêté son premier anniversaire officiel que déjà deux des trois personnes à l’origine du projet décident de plier bagage.

Pour rappel, Mira Murati a quitté son poste de CTO d’OpenAI en septembre 2024 après de nombreuses années au cœur du développement des modèles les plus puissants de la planète. Quelques mois plus tard, en février 2025, elle lançait Thinking Machines Lab avec Barret Zoph (ex-VP Research OpenAI) et Luke Metz (lui aussi vétéran technique d’OpenAI). Le projet ? Construire la prochaine génération d’intelligence artificielle avec une approche différente, plus ouverte selon certains observateurs.

« Nous avons pris des chemins différents avec Barret Zoph. Soumith Chintala devient notre nouveau CTO. Il est brillant, expérimenté et a déjà énormément contribué à notre équipe. »

– Mira Murati sur X, 14 janvier 2026

Le message est poli, professionnel… mais remarquablement court. Aucune mention du parcours de Zoph chez Thinking Machines, ni de remerciements pour ses contributions. Le contraste avec l’annonce enthousiaste de Fidji Simo chez OpenAI est saisissant :

« Ravi d’accueillir Barret Zoph, Luke Metz et Sam Schoenholz de retour chez OpenAI ! Cela se préparait depuis plusieurs semaines, nous sommes ravis de les retrouver dans l’équipe. »

– Fidji Simo, CEO Applications OpenAI

La guerre des cerveaux IA fait rage

En 2026, le marché du travail dans l’IA ressemble à une véritable course à l’armement intellectuelle. Les salaires dépassent régulièrement les 2 millions de dollars annuels pour les meilleurs chercheurs, les packages incluent des parts au capital valorisées en centaines de millions, et les promesses d’infrastructure de calcul massive font partie intégrante des négociations.

Mais au-delà des chiffres, c’est surtout la question de l’alignement stratégique et de la vision qui semble avoir joué un rôle déterminant dans ce départ. Plusieurs sources proches du dossier (dont un article de Wired) laissent entendre que la séparation entre Barret Zoph et Thinking Machines Lab n’aurait pas été particulièrement cordiale. Cela soulève plusieurs questions stratégiques pour les fondateurs et investisseurs de startups IA :

  • Est-il encore possible de conserver des talents de premier plan face à OpenAI, Anthropic, Google DeepMind ou xAI ?
  • Les valorisations très élevées en phase early-stage (12 milliards pour Thinking Machines après 2 milliards levés) créent-elles une pression trop forte sur les équipes ?
  • La promesse d’une approche différente suffit-elle à retenir des chercheurs qui ont déjà connu l’écosystème OpenAI ?

Le parcours impressionnant de Thinking Machines Lab

Malgré ce coup dur, il serait injuste de réduire Thinking Machines Lab à cette actualité. En juillet 2025, la startup a réalisé l’une des plus grosses levées seed de l’histoire de la tech : 2 milliards de dollars auprès d’un consortium impressionnant incluant Andreessen Horowitz (lead), Accel, Nvidia, AMD, Jane Street et plusieurs family offices de premier plan. Valorisation post-money : 12 milliards de dollars.

Ce montant exceptionnel pour un tour de seed montre la confiance que les investisseurs portent à Mira Murati et à sa vision. Elle a su rassembler une dream team composée d’anciens de OpenAI, Meta, Mistral AI et DeepMind. Parmi les noms notables qui ont rejoint l’aventure (certains sont encore présents) :

  • John Schulman (ex-OpenAI, ex-Anthropic, chief scientist à la création)
  • Anciens chercheurs de pointe sur le reinforcement learning et le scaling
  • Plusieurs contributeurs majeurs à PyTorch et à l’écosystème open-source IA

Mais le départ d’Andrew Tulloch (cofondateur également) vers Meta en octobre 2025, combiné à celui de Zoph et Metz, pose désormais la question de la stabilité de l’équipe dirigeante.

Soumith Chintala : un choix stratégique pour remplacer Zoph

Face à ce départ, Mira Murati a rapidement nommé Soumith Chintala comme nouveau CTO. Ce choix n’est pas anodin. Chintala est l’une des figures les plus respectées de l’écosystème PyTorch. Il a passé plus de dix ans chez Meta à diriger le développement de ce framework qui reste aujourd’hui la référence mondiale pour la recherche et le déploiement de modèles d’IA.

Son arrivée permet à Thinking Machines de conserver une crédibilité technique très forte et de maintenir des liens privilégiés avec l’écosystème open-source. C’est aussi un signal envoyé aux investisseurs : malgré les départs, le navire continue d’avancer avec des leaders reconnus.

Quelles leçons pour les entrepreneurs et investisseurs IA ?

Cette séquence est riche d’enseignements pour tous ceux qui évoluent dans l’écosystème startup IA :

  • La rétention des cofondateurs est plus difficile que jamais lorsque le concurrent principal est une machine à cash et à compute comme OpenAI.
  • Les valorisations très hautes très tôt créent une pression énorme sur les équipes : tout doit être parfait dès le jour 1.
  • Il est essentiel de définir très clairement la différenciation stratégique dès le départ – et de s’y tenir.
  • Le capital humain reste le facteur le plus critique : plus que les milliards levés, c’est la capacité à garder et attirer les meilleurs qui déterminera le succès.
  • Les cycles de loyauté sont courts : même un retour chez l’ancien employeur n’est plus tabou.

Pour les investisseurs, cette histoire rappelle également qu’une levée exceptionnelle ne protège pas contre les risques d’exécution. Le marché IA reste extrêmement compétitif et volatile.

Vers une consolidation du marché IA en 2026 ?

Ce mouvement de talents vers OpenAI intervient dans un contexte où plusieurs acteurs historiques de l’IA font face à des défis :

  • Anthropic a vu plusieurs départs importants ces 18 derniers mois
  • xAI accélère massivement ses recrutements
  • Google DeepMind restructure ses équipes recherche
  • Meta continue d’investir massivement dans Llama et ses applications

Dans ce contexte ultra-concurrentiel, OpenAI semble consolider sa position de leader incontesté en matière d’attraction des meilleurs chercheurs. La capacité de l’entreprise à réintégrer d’anciens talents partis tenter l’aventure entrepreneuriale est un signal fort.

Et Mira Murati dans tout ça ?

Malgré ces départs successifs, il serait prématuré d’enterrer Thinking Machines Lab. Mira Murati reste l’une des figures les plus respectées et les plus connectées de l’industrie. Son réseau, sa crédibilité technique et sa capacité à lever des fonds massifs sont intactes.

La question clé pour les prochains mois sera : comment Thinking Machines Lab va-t-il se repositionner après ces départs ? Va-t-il accentuer sa différenciation sur l’open-source, sur des approches plus éthiques, sur des applications business spécifiques ? Ou va-t-il chercher à rivaliser frontalement avec OpenAI sur les mêmes terrains ?

Une chose est sûre : l’histoire de Thinking Machines Lab est loin d’être terminée. Et dans un secteur où tout peut changer en quelques mois, les prochains chapitres s’annoncent passionnants.

Pour les entrepreneurs, investisseurs et builders qui nous lisent : cette actualité nous rappelle une réalité brutale mais essentielle en 2026 : dans l’IA, le talent est roi… et il est particulièrement volage.

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