Imaginez une odeur alléchante de tacos frais qui flotte dans l’air de Manhattan… mais gâchée par les effluves nauséabonds d’un vieux générateur à essence qui tousse à côté du chariot. Cette scène, encore trop courante dans les rues de New York, pourrait bientôt appartenir au passé grâce à une startup audacieuse : PopWheels. En remplaçant les générateurs polluants par des batteries d’e-bike interchangeables, cette jeune pousse brooklynienne propose une solution à la fois pragmatique, économique et écologique pour les vendeurs ambulants. Une innovation qui parle directement aux entrepreneurs, aux acteurs de la gig economy et à tous ceux qui s’intéressent à la tech durable.
Dans un contexte où la pression réglementaire et sociétale pousse vers la décarbonation, même les micro-entreprises de rue doivent se réinventer. PopWheels ne s’est pas contentée de rêver : elle a prototypé, testé et déployé une première solution réelle avec le food cart La Chona Mexican. Retour sur cette initiative qui pourrait bien transformer la manière dont on pense l’énergie mobile en milieu urbain dense.
Le problème des générateurs : un coût caché bien plus élevé que le carburant
Pour beaucoup de propriétaires de food carts, le générateur à essence représente la solution « simple » : on branche, ça tourne, les frigos restent froids et les lumières allumées. Pourtant, quand on regarde de plus près, cette simplicité cache plusieurs inconvénients majeurs :
- Coût quotidien du carburant : environ 10 $ par jour selon les estimations de PopWheels.
- Pollution sonore et olfactive qui repousse une partie de la clientèle.
- Entretien régulier et pannes fréquentes.
- Image négative dans une ville qui communique fortement sur ses objectifs climatiques.
- Réglementations de plus en plus strictes sur les émissions en centre-ville.
Ces contraintes cumulées créent une opportunité évidente pour des solutions alternatives. C’est exactement ce qu’a flairé David Hammer, co-fondateur et CEO de PopWheels, ancien de Google et habitué des projets « 20 % » qui deviennent des business à part entière.
« This really started out as a lark last summer. »
– David Hammer, co-fondateur et CEO de PopWheels
Ce qui a commencé comme une idée un peu farfelue s’est rapidement transformé en démonstration concrète. L’équipe a réalisé que les batteries déjà utilisées pour les livreurs à vélo électrique pouvaient, avec quelques adaptations, alimenter un chariot alimentaire pendant une journée entière.
PopWheels : de la sécurité des batteries e-bike à l’infrastructure urbaine du futur
PopWheels n’est pas née pour les food carts. La startup s’est d’abord concentrée sur un problème brûlant (littéralement) : les incendies de batteries d’e-bike à New York. En quelques années, ces drames sont devenus un vrai sujet de santé publique. La mission originelle ? Créer des stations de charge et d’échange ultra-sécurisées pour éliminer les risques.
En parallèle, l’entreprise a déployé un réseau de 30 armoires de charge à Manhattan, principalement utilisées par les livreurs de plateformes comme Arrow ou Whizz. Ce réseau décentralisé permet déjà de gérer des centaines de batteries par jour. C’est cette infrastructure existante qui a rendu possible l’expérimentation avec les food carts.
Chaque armoire peut accueillir 16 batteries et dispose de systèmes d’extinction automatique en cas de surchauffe. La consommation électrique reste modeste : équivalente à celle d’une borne de recharge Level 2 pour véhicule électrique. Autrement dit, PopWheels n’a pas besoin d’infrastructures massives pour scaler.
Le modèle économique : plus rentable que l’essence dès le premier jour
Le nerf de la guerre pour un vendeur ambulant, c’est le compte en banque en fin de journée. PopWheels l’a bien compris et a construit son offre autour d’une équation très claire :
- Coût actuel estimé du générateur : ~10 $ / jour
- Coût PopWheels pour 4 batteries par jour : environ le même montant
- Énergie délivrée : ~5 kWh, suffisant pour la plupart des usages basiques d’un chariot
- Option swap à midi si besoin de plus de puissance
Mais l’avantage ne s’arrête pas au prix. Le silence total, l’absence d’odeur et l’image « verte » attirent davantage de clients. Plusieurs propriétaires de chariots se sont spontanément approchés de l’équipe lors de la démonstration pour demander : « Comment je peux avoir ça ? »
« I had multiple food cart owners come up to me and say, ‘Wait, there’s no noise with this cart. What are you guys doing? Can I get this?’ »
– David Hammer
Une infrastructure qui dépasse le cadre des e-bikes
David Hammer ne cache pas son ambition : il voit dans ce réseau de batteries interchangeables une infrastructure de couche basse pour de multiples usages urbains. Une fois que l’on sait distribuer, charger et échanger des packs d’énergie de manière sûre et économique, les applications se multiplient :
- Food carts et petits commerces ambulants
- Événements temporaires (marchés, festivals)
- Pop-up stores et activations de marque
- Éclairage public temporaire
- Petits outils électriques sur chantier urbain
- Support d’urgence en cas de panne de réseau
Cette vision « infrastructure as a service » rappelle les débuts de certains géants de la mobilité : construire le réseau d’abord, puis laisser les cas d’usage émerger naturellement.
Le rôle clé des associations et du non-profit
Pouvoir technique ne suffit pas. Pour toucher les milliers de vendeurs ambulants new-yorkais, PopWheels a noué un partenariat stratégique avec le Street Vendor Project, une organisation non-profit qui défend les droits et les intérêts des marchands de rue depuis des décennies.
Ce type de collaboration est devenu incontournable pour toute startup qui veut pénétrer un écosystème très fragmenté et souvent méfiant vis-à-vis des « solutions tech ». Le Street Vendor Project apporte légitimité, réseau et compréhension fine des réalités terrain.
Perspectives 2026 : déploiement agressif et nouveaux usages
Après une phase pilote concluante en janvier 2026 avec La Chona Mexican, PopWheels annonce un déploiement « agressif » dès l’été 2026. L’objectif affiché : atteindre la parité économique avec l’essence tout en supprimant les nuisances sonores et olfactives.
Pour y parvenir, plusieurs leviers seront activés :
- Augmentation du nombre de stations d’échange
- Optimisation des adaptateurs pour différents types de chariots
- Partenariats avec les grandes plateformes de livraison pour mutualiser les coûts
- Communication forte sur les bénéfices clients (bruit, odeur, image)
- Recherche de subventions liées aux objectifs climatiques de NYC
Si le pari est tenu, PopWheels pourrait devenir l’un des acteurs incontournables de l’électrification du dernier kilomètre… et du dernier mètre.
Leçons pour les entrepreneurs tech et marketing
Cette histoire dépasse largement le cadre des food carts. Elle illustre plusieurs principes chers aux startups d’aujourd’hui :
- Partir d’un problème réel et douloureux (incendies de batteries → nuisance des générateurs)
- Construire une infrastructure réutilisable pour plusieurs verticales
- Monétiser via un abonnement simple et prévisible ($75/mois pour les livreurs)
- Collaborer avec des acteurs locaux et non-profits pour gagner en crédibilité
- Communiquer sur les bénéfices clients avant les bénéfices techniques
Pour les marketeurs, c’est aussi un cas d’école : transformer une contrainte (bruit, odeur, pollution) en argument de vente puissant (silence, propreté, modernité). Le storytelling autour de la première journée complète sans générateur a déjà créé un effet viral spontané auprès des autres vendeurs.
Vers une ville plus silencieuse et plus respirable ?
New York, comme beaucoup de métropoles, cherche désespérément des solutions pour réduire le bruit, la pollution et les émissions tout en maintenant une économie de rue dynamique. PopWheels propose une réponse concrète, scalable et déjà en mouvement.
Si l’été 2026 confirme les résultats du pilote, on peut imaginer une vague de chariots « battery-powered » dans les quartiers les plus touristiques, puis dans toute la ville. Et pourquoi pas, à terme, une norme implicite : plus de générateur essence pour les vendeurs qui veulent rester compétitifs et appréciés.
Une petite révolution silencieuse, en somme. Exactement ce dont rêvent les fondateurs de PopWheels.
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