Développeurs Éoliens Offshore Attaquent l’Administration Trump

Imaginez investir des milliards dans un projet d’avenir, voir les turbines presque achevées tourner au large des côtes américaines, et soudain, un arrêté gouvernemental stoppe tout net. C’est exactement ce qui arrive actuellement à plusieurs géants de l’énergie renouvelable aux États-Unis. En pleine accélération de la demande énergétique liée à l’essor des data centers et de l’**intelligence artificielle**, l’administration Trump a décidé de geler des projets éoliens offshore majeurs, provoquant une vague de procès retentissants. Pour les entrepreneurs, investisseurs et acteurs du business tech, cette actualité soulève des questions cruciales sur la stabilité réglementaire, les risques politiques et les opportunités dans les énergies vertes.

Le 22 décembre 2025, le Département de l’Intérieur américain a émis des ordres d’arrêt des travaux sur cinq projets éoliens offshore d’envergure, représentant ensemble près de **25 milliards de dollars** d’investissements et une capacité de production cumulée de 6 gigawatts. Cette décision, justifiée par des préoccupations de sécurité nationale liées aux interférences potentielles avec les radars militaires, a immédiatement suscité la colère des développeurs. Trois d’entre eux ont rapidement saisi les tribunaux fédéraux pour contester cette mesure qu’ils qualifient d’arbitraire et préjudiciable.

Les projets concernés : un panorama des géants impactés

Parmi les projets stoppés, on retrouve des noms bien connus dans le secteur des énergies renouvelables. **Revolution Wind**, développé par Ørsted en partenariat avec Skyborn Renewables, affiche déjà près de 90 % d’avancement pour une capacité de 704 mégawatts. Ce projet offshore au large du Rhode Island et du Connecticut devait alimenter plus de 350 000 foyers grâce à des contrats d’achat d’électricité à long terme.

De son côté, **Empire Wind** porté par Equinor vise 2 gigawatts et se trouve à environ 60 % de complétion. Situé près de New York, il représente un enjeu stratégique pour renforcer le réseau électrique d’une zone très consommatrice, notamment avec l’explosion des besoins en énergie des data centers IA. Equinor a déjà investi plus de 4 milliards de dollars, dont une grande partie tirée sur des financements projet.

Enfin, **Coastal Virginia Offshore Wind** de Dominion Energy, avec ses 2,6 gigawatts prévus, est l’un des plus ambitieux. L’entreprise rapportait des pertes quotidiennes de **5 millions de dollars** dues à l’immobilisation des navires spécialisés, des équipements et de la main-d’œuvre. Ces chiffres donnent la mesure de l’enjeu financier immédiat pour ces acteurs.

Avangrid, impliqué dans Vineyard Wind 1 (déjà partiellement opérationnel), n’a pas encore lancé de procédure mais suit de près l’évolution. Ces projets, situés le long de la côte Est, incarnent l’ambition américaine de développer une filière éolienne offshore robuste, inspirée des succès européens.

La justification officielle : sécurité nationale et radars perturbés

L’administration invoque des risques pour les opérations radar militaires. Les pales en rotation des éoliennes créent des échos parasites qui compliquent la détection aérienne. Un rapport du Département de l’Énergie datant de février 2024 avait déjà identifié ce problème, tout en proposant des pistes de mitigation.

Les turbines éoliennes interfèrent avec les systèmes radar, mais des solutions existent depuis plus d’une décennie.

– Nicholas O’Donoughue, ingénieur senior chez Rand Corporation

Parmi ces solutions : le choix précis des emplacements via le Bureau of Ocean Energy Management et le Military Aviation and Installation Assurance Siting Clearinghouse, qui examine chaque projet individuellement. Des algorithmes de traitement adaptatif sur les radars modernes filtrent le bruit. Des accords incluent même des curtailments temporaires d’opérations à la demande du Pentagone, comme pour Vineyard Wind 1 qui finance des adaptations radar.

Cette justification technique masque-t-elle une volonté politique plus large de freiner les renouvelables ? L’administration a déjà suspendu des approbations nouvelles et stoppé temporairement d’autres projets par le passé, souvent annulés par les juges.

La riposte judiciaire : une bataille qui s’intensifie

Les développeurs n’ont pas tardé à réagir. Dominion Energy a déposé plainte dès le 23 décembre, suivie par Ørsted (Revolution Wind) et Equinor (Empire Wind) fin décembre et début janvier. Sunrise Wind d’Ørsted envisage également une action.

Les arguments récurrents : la décision est **arbitraire et capricieuse**, viole les procédures administratives fédérales et cause des dommages irréparables. Des juges fédéraux ont déjà donné raison aux plaignants dans plusieurs cas similaires. Par exemple, un juge a qualifié l’ordre de suspension de Revolution Wind d’illégal, autorisant la reprise des travaux.

  • Reprise autorisée pour Revolution Wind après décision judiciaire rapide
  • Empire Wind obtient gain de cause dans une procédure distincte
  • Dominion Energy voit son projet redémarrer suite à une injonction
  • Plusieurs États (New York notamment) et procureurs généraux rejoignent la fronde

Cette série de revers judiciaires fragilise la stratégie de l’administration et renforce l’idée que les motifs de sécurité nationale pourraient ne pas tenir face à un examen approfondi.

Impacts économiques et business : milliards en jeu pour les startups et investisseurs

Pour le monde du business et des startups tech, ces développements ont des répercussions multiples. Les projets éoliens offshore créent des milliers d’emplois qualifiés, stimulent les chaînes d’approvisionnement locales et attirent des investissements massifs dans les infrastructures portuaires (comme le South Brooklyn Marine Terminal pour Empire Wind).

L’arrêt brutal menace la **fiabilité du réseau** alors que la demande explose avec l’IA et les data centers. Des experts estiment que sans ces capacités renouvelables, les prix de l’électricité pourraient grimper, impactant directement les coûts opérationnels des entreprises tech.

Les investisseurs en cleantech observent attentivement. Une instabilité réglementaire accrue décourage les capitaux à long terme, pourtant essentiels pour scaler les technologies vertes. À l’inverse, une victoire judiciaire des développeurs pourrait relancer la confiance et ouvrir de nouvelles opportunités en venture et private equity dans le secteur.

Contexte plus large : la transition énergétique américaine sous tension

L’éolien offshore représente un pilier de la stratégie zéro carbone aux USA, avec un potentiel énorme sur les côtes atlantiques. L’Europe a montré la voie : Danemark, Royaume-Uni et Allemagne produisent déjà des gigawatts à coûts compétitifs. Les États-Unis accusent un retard, mais ces projets devaient marquer un tournant.

L’administration Trump privilégie visiblement les énergies fossiles et l’indépendance énergétique via le pétrole et le gaz. Pourtant, même des voix républicaines soulignent que les renouvelables renforcent la sécurité énergétique en diversifiant les sources et en réduisant la dépendance aux importations.

L’éolien offshore fait partie d’une solution « all-of-the-above » dont notre pays a désespérément besoin.

– Molly Morris, vice-présidente senior Equinor

Avec la croissance exponentielle des besoins énergétiques liés à l’**IA**, ignorer les renouvelables pourrait créer des goulots d’étranglement majeurs pour l’innovation tech américaine.

Perspectives pour les entrepreneurs et marketeurs du secteur tech

Pour les fondateurs de startups en énergie, IA ou communication digitale, cette affaire illustre parfaitement les risques géopolitiques et réglementaires. Voici quelques leçons stratégiques :

  • Diversifiez les marchés : ne misez pas tout sur un seul pays ou une seule politique
  • Anticipez les litiges : intégrez des clauses de force majeure politique dans vos contrats
  • Communiquez proactivement : les narratives autour de la sécurité nationale vs. transition verte influencent les investisseurs et le public
  • Suivez les data centers : leur appétit énergétique crée une demande structurelle pour les renouvelables stables
  • Explorez les partenariats public-privé : les accords avec le Pentagone montrent que des compromis techniques sont possibles

En conclusion, ce bras de fer judiciaire pourrait redéfinir le paysage énergétique américain. Si les développeurs l’emportent – ce que les premières décisions laissent présager – cela enverrait un signal fort aux investisseurs : les énergies renouvelables offshore restent un pari viable malgré les vents contraires politiques. Pour les acteurs du marketing digital et des startups tech, c’est l’occasion de positionner leurs offres autour de la résilience énergétique et de l’innovation durable. Restez vigilants : l’issue de ces procès influencera durablement les stratégies d’investissement en cleantech et tech énergie pour les années à venir.

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