Imaginez un monde où ouvrir un compte professionnel, souscrire à un service fintech ou collaborer avec un nouveau partenaire ne prend plus des semaines de paperasse interminable, mais seulement quelques clics. C’est précisément cette vision que porte Duna, la startup européenne qui vient de boucler une impressionnante levée de fonds de 30 millions d’euros en Series A. Fondée par d’anciens cadres de Stripe, cette jeune pousse ambitionne ni plus ni moins que de créer l’infrastructure de confiance globale pour les entreprises, un véritable « passeport numérique » réutilisable partout.
Dans un écosystème fintech où la concurrence fait rage, Duna se distingue par son approche radicalement différente : au lieu d’agréger des données existantes souvent incomplètes ou obsolètes, la société génère ses propres données de haute qualité grâce à l’intelligence artificielle et à des processus automatisés. Résultat ? Des onboardings plus rapides, moins coûteux et surtout plus fiables pour les entreprises qui traitent avec des clients professionnels.
La « Stripe Mafia » frappe à nouveau en Europe
Stripe est devenu bien plus qu’une simple solution de paiement en ligne. La licorne américaine s’est transformée en véritable usine à fondateurs, avec des alumni qui lancent des startups dans tous les coins de la tech. On pense évidemment à Anthropic ou OpenAI, mais en Europe, c’est Duna qui porte haut les couleurs de cette « mafia ».
Les cofondateurs, Duco van Lanschot et David Schreiber, ont tous deux occupé des postes stratégiques chez Stripe. Le premier dirigeait les opérations pour le Benelux et la région DACH, tandis que le second gérait la plus grande unité business globale, y compris la plateforme de paiement carte cœur. Leur expérience leur a donné une compréhension intime des douleurs liées à l’onboarding B2B dans le monde fintech.
« Ce que nous voulons construire à terme, c’est une infrastructure de confiance globale où nous fournissons un passeport numérique pour chaque entreprise. Vous pouvez réutiliser votre dossier d’onboarding de Moss pour Plaid, ou pour ouvrir un compte bancaire. »
– Duco van Lanschot, cofondateur de Duna
Cette citation résume parfaitement l’ambition : passer d’un modèle « one-to-one » douloureux à un réseau partagé, où la vérification d’identité devient portable et réutilisable, un peu comme les identifiants sociaux ont révolutionné le login grand public il y a quinze ans.
Une levée de fonds impressionnante portée par CapitalG
La Series A de 30 millions d’euros a été menée par CapitalG, le fonds growth indépendant d’Alphabet (la maison mère de Google). Ce n’est pas un hasard : CapitalG avait déjà co-dirigé la Series D de Stripe en 2016 et connaît parfaitement l’écosystème des paiements et de la confiance numérique.
Les investisseurs existants n’ont pas hésité à surenchérir : Index Ventures (qui avait mené le seed de 10,7 millions en 2025), Puzzle Ventures et même Frank Slootman, président de Snowflake, ont participé. Mais ce qui frappe le plus, c’est le casting des business angels : des anciens cadres Stripe comme David Singleton (ex-CTO), Claire Hughes Johnson (ex-COO) ou Michael Cocoman (ex-Chief Compliance Officer), mais aussi des représentants d’Adyen, le grand rival européen de Stripe.
Ces soutiens ne sont pas anodins. Ils valident l’idée que ni Stripe ni Adyen ne vont concurrencer directement Duna sur ce segment précis, car les besoins en onboarding corporate sont trop fragmentés et personnalisés pour être internalisés facilement par ces géants.
Le marché KYB : un océan de frustrations et d’opportunités
Le « Know Your Business » (KYB) est l’équivalent B2B du célèbre KYC. Vérifier l’identité d’une entreprise implique de contrôler les registres commerciaux, les bénéficiaires effectifs, les structures actionnariales complexes, les documents légaux… Un processus souvent manuel, long et coûteux.
En Europe, les régulations anti-blanchiment (AML) et les exigences PSD2/PSD3 renforcent encore ces contraintes. Résultat : des milliers d’employés dédiés à la compliance dans les banques et fintechs. Aux Pays-Bas par exemple, les quatre plus grandes banques emploient des milliers de personnes rien que pour les vérifications business.
- Réduction drastique du temps d’onboarding (de semaines à jours, voire heures)
- Diminution des coûts opérationnels liés à la compliance
- Meilleure conversion des prospects B2B grâce à une expérience fluide
- Réduction du churn causé par des vérifications trop intrusives ou lentes
- Création de revenus additionnels via des services premium de vérification
Duna cible particulièrement la « long tail » des entreprises : celles qui n’ont pas les moyens de monter des équipes compliance énormes, mais qui ont besoin de onboarder des clients professionnels de manière fiable.
L’IA au cœur de la différenciation stratégique
Contrairement à des acteurs comme Jumio ou Veriff, qui agrègent principalement des sources tierces, Duna mise sur la génération de données propriétaires. Grâce à des agents IA conformes et audités, la plateforme automatise l’extraction, la validation et l’analyse des documents.
Cette approche permet non seulement une précision accrue, mais aussi une évolutivité massive. Alex Nichols, partner chez CapitalG, l’explique clairement :
« C’est l’opportunité rare de reconstruire quelque chose d’aussi fondamental qu’une Visa et de créer une entreprise incroyable dans le processus. »
– Alex Nichols, General Partner chez CapitalG
L’analogie avec Visa est puissante : un réseau où la confiance circule de manière fluide, réduisant les frictions à l’échelle globale.
Vers un réseau aux effets de réseau puissants
La vraie magie de Duna réside dans sa vision long terme : transformer la vérification ponctuelle en un réseau réutilisable. Une entreprise vérifiée une fois pourrait partager son « passeport numérique » avec d’autres plateformes partenaires, moyennant consentement et contrôles granulaires.
Pour accélérer l’adoption, les fondateurs identifient des « patches de réseaux » : des clusters d’entreprises déjà interconnectées (fournisseurs et clients dans un même secteur, fonds d’investissement partageant des LPs, entreprises d’un petit pays…). Dans ces micro-réseaux, la réutilisation de l’identité crée de la valeur immédiate, même avant d’atteindre la masse critique globale.
Une fois le réseau mature, Duna pourrait proposer un « one-click onboarding » B2B, comparable à Stripe Link pour les consommateurs ou à Amazon One-Click pour le e-commerce. Un game-changer pour les fintechs, banques digitales et plateformes B2B.
Contexte européen et opportunités pour les startups
Implantée aux Pays-Bas et en Allemagne, Duna bénéficie d’un positionnement idéal : des marchés matures en fintech, des régulations strictes qui créent la demande, et un vivier de talents tech. Les Pays-Bas, petit pays, concentrent une part disproportionnée d’innovation financière européenne.
Pour les entrepreneurs et marketeurs qui lisent ces lignes, plusieurs leçons émergent :
- La compliance peut devenir un avantage compétitif quand elle est automatisée et fluide
- Les effets de réseau restent l’un des moats les plus puissants en tech B2B
- Les alumni de licornes (Stripe en tête) ont un accès privilégié au capital et aux talents
- L’IA appliquée à des processus réglementés offre des opportunités massives en Europe
- Les investisseurs growth comme CapitalG parient sur les infrastructures de fond qui servent plusieurs verticales
Perspectives et défis à venir
Avec plus de 40 millions d’euros levés au total depuis 2023, Duna dispose d’une belle avance. Clients comme Plaid, SVEA Bank ou CCV (Fiserv) prouvent déjà la traction commerciale.
Mais les défis restent nombreux : concurrence accrue dans le KYB, complexité réglementaire croissante (avec l’arrivée de l’AML Package européen), nécessité de scaler le réseau sans compromettre la sécurité, et gestion des données ultra-sensibles.
Si Duna parvient à ses fins, elle pourrait devenir l’équivalent B2B de ce que Okta ou Auth0 ont représenté pour l’identité grand public : une couche indispensable sur laquelle des milliers d’entreprises s’appuieront.
Pour les fondateurs, marketeurs et décideurs business, suivre Duna de près s’impose. Car derrière la vérification d’identité se cache souvent la clé de la croissance exponentielle dans un monde numérique de plus en plus réglementé.
Et vous, pensez-vous que le « passeport numérique » pour entreprises deviendra réalité d’ici 5 ans ? Ou restons-nous coincés dans la paperasse pour encore longtemps ?
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