GetReal Révolutionne La Détection Des Deepfakes Avec 18M$

Imaginez un monde où une vidéo truquée d’un PDG ou d’un dirigeant politique pourrait déclencher une crise financière ou diplomatique en quelques minutes. Ce scénario, autrefois digne d’un film de science-fiction, est aujourd’hui une réalité tangible grâce à l’essor fulgurant des deepfakes. Ces contenus falsifiés, générés par l’intelligence artificielle, pullulent sur le web, coûtant des millions aux entreprises et menaçant même la sécurité nationale. Face à cette vague de désinformation sophistiquée, une startup américaine, GetReal, se positionne comme un rempart. Avec une levée de fonds de 17,5 millions de dollars annoncée le 26 mars 2025, cette entreprise co-fondée par Hany Farid, pionnier de la détection des deepfakes, promet de changer la donne. Mais comment une jeune pousse peut-elle s’attaquer à un problème aussi colossal ? Plongeons dans cette aventure technologique qui mêle innovation, cybersécurité et enjeux business.

Les Deepfakes : Une Menace Croissante Pour Les Entreprises

Les deepfakes ne sont plus un simple gadget amusant pour transformer votre visage sur une application. Ils sont devenus une arme redoutable dans l’arsenal des cybercriminels. En 2025, les statistiques sont alarmantes : des études estiment que les pertes liées à la fraude par deepfake atteignent des sommets, avec des entreprises perdant des millions à cause de vidéos ou d’enregistrements audio falsifiés. Imaginez un faux appel d’un dirigeant demandant un virement urgent ou une vidéo truquée utilisée pour manipuler les cours boursiers. Ces scénarios ne relèvent plus de l’hypothèse, mais de cas concrets.

Le problème s’amplifie avec la démocratisation des outils d’IA générative. Ce qui nécessitait autrefois des compétences pointues en informatique est désormais accessible à tous via des applications grand public. Matt Moynahan, PDG de GetReal, ne mâche pas ses mots :

« Je n’ai jamais vu une menace aussi omniprésente. Même les virus semblent anodins en comparaison. »

– Matt Moynahan, PDG de GetReal

Cette ubiquité des deepfakes s’explique par un changement radical dans notre environnement numérique. Les entreprises, autrefois ancrées dans le monde physique, opèrent aujourd’hui presque entièrement dans le cloud. Cette transition, combinée à la facilité de tromper même les esprits les plus aguerris (rappelez-vous les succès du phishing), crée un cocktail explosif.

GetReal : Une Solution Forgée Par Un Pionnier

Au cœur de cette bataille technologique se trouve Hany Farid, un nom qui résonne dans le monde de la cybersécurité. Professeur à l’Université de Berkeley, Farid est reconnu comme un pionnier dans l’analyse des images manipulées. Bien avant que le terme « deepfake » n’entre dans le langage courant, il développait des techniques pour repérer les altérations numériques. Pendant des années, il a mis son expertise au service de médias, d’équipes juridiques et d’organisations diverses, souvent de manière informelle. Mais en 2022, il s’associe à Ted Schlein, figure influente du capital-risque, pour transformer cette science en une solution scalable.

Le résultat ? GetReal, une plateforme qui ambitionne de devenir le « Hany Farid en version cloud ». L’idée est simple mais puissante : automatiser et industrialiser les méthodes de détection que Farid a perfectionnées au fil des décennies. Moynahan résume cette vision avec une pointe d’humour :

« Hany voit des choses que personne d’autre ne voit. Mais Hany ne peut pas être partout. Alors, nous avons créé un service qui le peut. »

– Matt Moynahan, PDG de GetReal

Ce qui distingue GetReal, c’est sa capacité à allier des techniques anciennes, toujours efficaces, à des innovations de pointe. Farid reste discret sur les détails – « pas besoin de tout révéler » – mais il assure que certaines méthodes datant de 20 ans fonctionnent encore parfaitement en 2025.

Une Levée De Fonds Stratégique De 17,5M$

Le 26 mars 2025, GetReal a officialisé une levée de fonds de 17,5 millions de dollars en série A, menée par Forgepoint Capital, un fonds spécialisé dans la cybersécurité et l’IA. Parmi les investisseurs, on retrouve également Ballistic Ventures – qui avait incubé la startup depuis 2022 – ainsi que Evolution Equity et K2 Access Fund. Mais ce n’est pas tout : des acteurs stratégiques comme Cisco Investments, Capital One Ventures et In-Q-Tel (lié à la CIA) ont rejoint l’aventure, signe que la solution intéresse des poids lourds.

Cette manne financière servira à trois objectifs clés :

  • Renforcer la R&D pour affiner les outils de détection.
  • Recruter des talents dans un domaine où les experts se font rares.
  • Accélérer le développement commercial pour toucher plus de clients.

Alberto Yépez, co-fondateur de Forgepoint, explique cet engouement : les entreprises, notamment dans les secteurs réglementés comme la finance, réclament des solutions face aux deepfakes. « Les DSI reçoivent des ordres directs des conseils d’administration », confie-t-il, citant des cas où des PDG ont été imités dans des interviews truquées.

Une Plateforme Tout-En-Un Pour Contrer Les Deepfakes

En parallèle de cette levée de fonds, GetReal lance une plateforme de forensic-as-a-service qui se veut révolutionnaire. Accessible via une interface web, une API et des intégrations tierces, elle propose une analyse automatisée des médias – images, vidéos, sons – en temps réel ou à la demande. Voici ses principales fonctionnalités :

  • Tableau de bord des menaces : une vue d’ensemble des risques d’exposition.
  • Inspect : un outil pour protéger les dirigeants contre les usurpations.
  • Protect : un filtre en temps réel pour bloquer les contenus falsifiés.
  • Respond : une analyse approfondie par des experts humains en cas de crise.

Cette approche multi-niveaux répond à un besoin criant dans un monde où les outils traditionnels de cybersécurité peinent à suivre. Les clients actuels, comme Visa ou John Deere, témoignent de son efficacité, tandis que des agences gouvernementales y voient un atout pour contrer les manipulations d’État.

Pourquoi Les Deepfakes Sont-Ils Si Difficiles À Combattre ?

Si GetReal impressionne, il faut reconnaître que la lutte contre les deepfakes ressemble à une course sans fin. Les technologies d’IA évoluent à une vitesse folle, rendant chaque nouvelle génération de faux plus réaliste. Les applications « ludiques » aggravent le problème en mettant ces outils entre toutes les mains. Moynahan compare cela à une épidémie : « Les deepfakes se propagent comme des virus, et nous devons agir vite. »

Pourtant, Farid reste optimiste. Il insiste sur le fait que certaines techniques de détection, bien que complexes, résistent au temps. Le défi, selon lui, est de les adapter à l’échelle mondiale tout en anticipant les prochaines innovations des faussaires.

Un Marché En Pleine Explosion

Le succès de GetReal s’inscrit dans une tendance plus large. Le marché de la détection des deepfakes est en pleine effervescence, avec des prévisions estimant sa valeur à plusieurs milliards de dollars d’ici 2026. Les entreprises technologiques, les gouvernements et même les médias investissent massivement pour sécuriser leurs communications. GetReal n’est pas seul : des concurrents comme Reality Defender ou Sentinel émergent, mais la startup se distingue par son approche hybride et son pedigree.

Pour les marketers et les entrepreneurs, cette montée en puissance des deepfakes pose une question cruciale : comment garantir la confiance dans un monde où tout peut être falsifié ? La réponse pourrait bien passer par des solutions comme celle de GetReal, qui allie technologie et expertise humaine.

Et Le Texte Dans Tout Ça ?

Un point intrigue : GetReal se concentre pour l’instant sur les images, vidéos et sons, mais pas sur le texte. Pourtant, les deepfakes textuels – comme des messages falsifiés sur des applications sécurisées – sont tout aussi dangereux. Farid reconnaît cette limite : « Le texte, c’est une autre bête. » Il promet toutefois que la plateforme élargira son champ d’action à l’avenir pour couvrir toutes les formes de manipulation.

Cet oubli temporaire rappelle un incident récent rapporté par *The Atlantic*, où un rédacteur a été ajouté par erreur à un groupe Signal planifiant une attaque militaire. Initialement pris pour un hoax, le chat s’est révélé authentique, soulignant les risques d’usurpation textuelle. Pour les entreprises, cela signifie qu’une solution complète reste à inventer.

Quel Impact Pour Les Startups Et Le Business ?

Pour les startups, les PME et les grandes entreprises, l’arrivée de GetReal est une aubaine. Dans un monde où la réputation peut être ruinée par une vidéo truquée, disposer d’un outil de vérification devient un avantage compétitif. Les marketers, par exemple, pourraient l’utiliser pour authentifier des campagnes vidéo, tandis que les départements RH pourraient protéger leurs dirigeants contre les scams vocaux.

Voici quelques applications concrètes pour le business :

  • Vérification des publicités vidéo avant diffusion.
  • Protection des appels confidentiels contre les usurpations.
  • Authentification des contenus partagés sur les réseaux sociaux.

En somme, GetReal ne se contente pas de détecter les deepfakes : il redonne confiance dans un écosystème numérique de plus en plus incertain.

L’Avenir De La Cybersécurité Est-Il Entre Les Mains De GetReal ?

Avec ses 17,5 millions de dollars et une liste de clients prestigieux, GetReal semble bien parti pour devenir un acteur incontournable de la cybersécurité. Mais la route est encore longue. Les deepfakes évoluent, les attaquants s’adaptent, et la demande pour des experts en forensic explose. Comme le souligne Moynahan, « si la cybersécurité manque de talents, le forensic est un désert ».

Pour les entrepreneurs et les professionnels du digital, une chose est sûre : ignorer cette menace n’est plus une option. Que vous soyez une startup tech, une agence de communication ou une multinationale, investir dans des outils comme ceux de GetReal pourrait faire la différence entre prospérité et chaos. Alors, GetReal a-t-il vraiment « cracked the code » des deepfakes ? Peut-être pas encore totalement, mais il pose les bases d’une révolution qui pourrait redéfinir notre rapport à la vérité numérique.

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MondeTech.fr

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