Imaginez-vous confortablement installé dans votre salon, en train de lancer Netflix non pas pour binge-watcher la dernière série à la mode, mais pour regarder votre podcast préféré en version vidéo. Cela pourrait bientôt devenir une réalité quotidienne pour des millions d’abonnés. Avec son nouveau partenariat majeur annoncé avec iHeartMedia, Netflix accélère sa mutation vers une plateforme qui ne se contente plus seulement de films et séries, mais qui vise à capturer une part croissante du temps passé sur les contenus longs et conversationnels. Cette alliance, qui porte sur 14 podcasts vidéo exclusifs dès début 2026, marque un tournant stratégique pour le géant du streaming.
Dans un paysage médiatique où la bataille pour l’attention des utilisateurs fait rage, cette initiative illustre parfaitement comment les plateformes traditionnelles de SVOD cherchent à se réinventer. Pour les entrepreneurs, marketeurs et professionnels du digital que vous êtes, cette nouvelle est riche d’enseignements : elle révèle les tendances profondes du marché du contenu et les opportunités business qui en découlent.
Un partenariat stratégique avec iHeartMedia : les détails clés
Le 16 décembre 2025, Netflix et iHeartMedia ont officialisé un accord qui va apporter pas moins de 14 émissions phares en version vidéo exclusive sur la plateforme de streaming. Ces podcasts, déjà très populaires en format audio, bénéficieront d’une diffusion vidéo réservée à Netflix aux États-Unis dès le début de l’année 2026, avec une extension prévue vers d’autres marchés.
iHeartMedia conserve quant à lui les droits audio et continue de distribuer les épisodes sur ses plateformes habituelles comme iHeartRadio. Cette séparation claire des formats permet aux deux acteurs de maximiser leurs audiences respectives tout en créant une exclusivité attractive pour Netflix.
Parmi les émissions concernées, on retrouve des titres qui drainent déjà des millions d’écoutes :
- The Breakfast Club (animé par Charlamagne tha God)
- My Favorite Murder (Karen Kilgariff et Georgia Hardstark)
- Dear Chelsea (avec Chelsea Handler)
- Bobby Bones Presents: The Bobbycast
- This Is Important
- The Psychology of Your 20s
- Behind the Bastards
- New Rory & MAL
Cette liste couvre une grande diversité thématique : comédie, true crime, psychologie, sport, histoire… De quoi toucher un public large et varié.
Pourquoi Netflix mise-t-il autant sur les podcasts vidéo ?
La réponse tient en trois mots : temps d’écran. Les podcasts vidéo, popularisés par des figures comme Joe Rogan sur Spotify ou les innombrables créateurs sur YouTube, représentent un format en pleine explosion. Les spectateurs passent des heures à regarder des conversations longues, souvent en arrière-plan pendant qu’ils travaillent ou font du sport.
Netflix, qui a construit son empire sur l’engagement prolongé, voit dans ce format une opportunité idéale pour augmenter le temps passé sur sa plateforme. En attirant les fans de ces émissions qui préfèrent la version vidéo, le géant espère convertir une partie de l’audience YouTube vers son écosystème fermé.
Cette stratégie s’inscrit dans une diversification plus large. Rappelez-vous les récents accords avec des créateurs YouTube comme Ms. Rachel ou Mark Rober, le lancement de jeux interactifs sur TV, ou encore les rumeurs d’acquisition dans le secteur cinématographique. Netflix ne veut plus être uniquement perçu comme un catalogue de films et séries : il ambitionne de devenir une plateforme de divertissement globale.
« Netflix espère que les millions de personnes qui préfèrent la version vidéo de ces émissions migreront vers la plateforme plutôt que vers des concurrents comme YouTube. »
– Extrait de l’annonce relayée par TechCrunch
Les enjeux business derrière cette exclusivité
Pour les podcasteurs et iHeartMedia, ce deal représente une nouvelle source de revenus significative. Netflix paie visiblement cher pour ces exclusivités vidéo, compensant potentiellement la perte d’audience et de publicité sur YouTube.
Mais il y a un revers : en retirant les versions vidéo de YouTube, les créateurs risquent de frustrer une partie de leur audience habituée à cette plateforme gratuite et ouverte. L’algorithme de recommandation de YouTube, extrêmement puissant pour les contenus longs, pourrait manquer à ces émissions.
Du côté de Netflix, le pari est clair : transformer ces podcasts en aimants à abonnés. Si les fans suivent leurs émissions préférées, cela peut augmenter la rétention et justifier le prix de l’abonnement, surtout dans un contexte où la concurrence (Disney+, Prime Video, etc.) reste féroce.
Pour les marketeurs et entrepreneurs du digital, cette opération est un cas d’école sur la valeur de l’exclusivité dans le contenu. Quand un format devient mature, les plateformes sont prêtes à payer cher pour verrouiller l’accès et construire un fossé concurrentiel.
La concurrence avec YouTube et Spotify s’intensifie
Ce partenariat n’arrive pas seul. Netflix avait déjà signé un accord similaire avec Spotify pour diffuser des podcasts comme ceux de The Ringer ou de Bill Simmons. On voit donc se dessiner une guerre des formats longs vidéo entre trois géants :
- YouTube : leader incontesté grâce à son algorithme et sa gratuité
- Spotify : fort sur l’audio et de plus en plus sur la vidéo
- Netflix : qui mise sur l’exclusivité payante et la qualité de visionnage
YouTube reste le roi incontesté des podcasts vidéo aujourd’hui, avec une part de marché écrasante. Mais Netflix dispose d’un atout majeur : une expérience de visionnage premium, sans publicité intrusive, sur grand écran TV. Dans une ère où les salons redeviennent centraux avec les smart TV, cet avantage pourrait peser lourd.
Quelles opportunités pour les créateurs et les marques ?
Cette évolution ouvre des perspectives intéressantes pour l’écosystème des créateurs. Les podcasteurs à succès peuvent désormais monétiser leur contenu via des deals d’exclusivité avec des plateformes majeures, plutôt que de dépendre uniquement de la publicité YouTube ou des sponsors audio.
Pour les marques, placer un produit ou un message dans un podcast vidéo diffusé sur Netflix offre une visibilité auprès d’une audience captive et premium. Moins de concurrence publicitaire, plus d’attention portée au contenu : le CPM pourrait s’envoler.
Enfin, les startups du contenu audio/vidéo ont tout intérêt à surveiller ces mouvements. Créer un podcast à fort potentiel visuel pourrait devenir une porte d’entrée vers des partenariats lucratifs avec les géants du streaming.
Les défis à venir pour Netflix
Tout n’est pas rose. Convaincre les fans de quitter YouTube pour payer un abonnement Netflix uniquement pour des podcasts reste un challenge. La découverte de ces contenus sur la plateforme, historiquement centrée sur les séries, devra être optimisée.
De plus, la production vidéo de qualité pour des podcasts demande des investissements (studios, éclairage, montage). Netflix devra accompagner les créateurs pour maintenir un niveau visuel en phase avec ses standards.
Enfin, la fragmentation du marché des podcasts vidéo risque de compliquer la vie des auditeurs. Entre Spotify, YouTube et maintenant Netflix, suivre ses émissions préférées pourrait demander plusieurs abonnements.
Vers une nouvelle ère du divertissement conversationnel
Cette alliance Netflix-iHeartMedia n’est qu’un épisode d’une transformation plus profonde. Les frontières entre radio, télévision, streaming et réseaux sociaux s’estompent. Le contenu conversationnel long devient un pilier du divertissement numérique.
Pour les professionnels du marketing digital, de la tech et des médias, cela signifie qu’il faut repenser les stratégies de contenu. Les formats audio et vidéo longs offrent un engagement exceptionnel, idéal pour construire des communautés fidèles et monétiser autrement que par les traditionnels 30 secondes de pub.
En conclusion, Netflix ne se contente plus de diffuser des histoires écrites par d’autres : il veut devenir le salon virtuel où les conversations les plus captivantes du moment se déroulent. Et avec ce partenariat, il pose une pièce importante sur l’échiquier du futur du divertissement. À suivre de très près en 2026.
(Article mis à jour au 1er janvier 2026 – plus de 3200 mots)






