Le contexte : quand la Silicon Valley se divise sur la fiscalité
Ro Khanna, élu depuis 2017, a longtemps été perçu comme le porte-voix de la tech à Washington. Issu d’une famille d’immigrés indiens, diplômé de Stanford et Yale, il a bénéficié au début de sa carrière du soutien de figures comme Marc Andreessen, Sheryl Sandberg ou Eric Schmidt. Son discours pro-innovation et pro-business séduisait l’écosystème. Mais ces dernières années, Khanna a opéré un virage progressiste marqué. Il a défendu publiquement une taxe sur la fortune en Californie, puis co-introduit avec Bernie Sanders une proposition nationale : une taxe annuelle de 5 % sur les patrimoines dépassant 1 milliard de dollars. Selon les estimations, cette mesure rapporterait 4,4 trillions de dollars sur dix ans, destinés à financer des investissements sociaux.Ce positionnement a provoqué une onde de choc chez certains investisseurs et fondateurs. Des rumeurs circulaient depuis des mois sur une possible candidature sponsorisée par des figures tech pour le déloger. Ethan Agarwal a concrétisé ces spéculations début mars 2026.Khanna a doublé la mise en introduisant une législation nationale sur la taxation des milliardaires, malgré les critiques virulentes venues de la Silicon Valley.
– Inspiré des déclarations publiques récentes
Qui est Ethan Agarwal, le challenger tech ?
Âgé de 40 ans, Ethan Agarwal incarne le parcours classique de la Silicon Valley. Diplômé de Wharton, passage chez McKinsey, puis entrepreneuriat : il fonde Aaptiv, une plateforme de fitness audio, revendue en 2021. Plus récemment, il co-fonde Coterie, une startup fintech soutenue par Andreessen Horowitz. Issu d’une famille d’immigrés indiens (son père est arrivé aux États-Unis avec très peu de moyens avant de créer une entreprise cotée en bourse), Agarwal met en avant son ancrage local : scolarité à Harker School dans le district, connaissance fine des communautés chinoises, indiennes et des petites entreprises locales. Il a d’abord annoncé une candidature au poste de gouverneur de Californie l’été dernier, mais face à un champ concurrentiel renforcé (notamment Matt Mahan), il pivote vers le Congrès. Son argument principal : Khanna néglige son district pour une ambition nationale (possible présidentielle 2028).- Parcours entrepreneurial solide avec deux exits réussis
- Soutien annoncé de figures comme Garry Tan (CEO de Y Combinator) et Stanley Tang (co-fondateur DoorDash)
- Campagne 100 % terrain : festivals culturels, écoles, commerces locaux
- Refus des PAC corporate, focus sur le grassroots
Les griefs majeurs contre Ro Khanna
Agarwal attaque sur plusieurs fronts, souvent repris dans les cercles tech : Le trading d’actions : Khanna est accusé d’être l’un des membres du Congrès les plus actifs en bourse (plus de 4000 trades en une année selon certaines sources). Même si ces opérations concernent le portefeuille de son épouse (géré indépendamment), Agarwal promet de liquider intégralement son propre portefeuille dès le premier jour en cas d’élection. La taxe sur les milliardaires : pour Agarwal, taxer les patrimoines extrêmes freine l’innovation. Il propose des alternatives plus modérées :- Taxer les prêts adossés à des actifs (buy, borrow, die strategy)
- Augmenter le taux sur les plus-values en Californie (actuellement 13,4 %)
- Taxer plus lourdement les résidences secondaires ou détenues par des fonds
Les priorités d’Ethan Agarwal à Washington
S’il est élu, Agarwal place trois réformes au sommet de son agenda :- Interdire le trading d’actions pour les membres du Congrès et leurs familles
- Supprimer l’influence des PAC corporate
- Instaurer des limites de mandats




