Et si la meilleure façon de survivre à la frénésie actuelle du capital-risque consistait précisément à refuser d’accélérer ? Alors que des milliards affluent vers l’intelligence artificielle et que la plupart des fonds se battent pour multiplier les tickets, cinq partenaires d’une firme mythique de TechCrunch ont choisi une voie radicalement différente. Pas d’agenda le lundi, pas de course aux deals, pas de déménagement hors de San Francisco. Leur secret ? Rester petits, concentrés et profondément humains dans un marché qui devient chaque jour plus bruyant.
Cette approche, partagée publiquement pour la première fois lors d’un événement majeur, offre une leçon précieuse à tous ceux qui gravitent autour des startups, du marketing digital, de l’IA ou de la communication de marque. Dans un univers saturé d’informations et de FOMO permanent, Benchmark rappelle qu’il est encore possible d’investir autrement. Et surtout, de réussir autrement.
Une Firme Qui Évolue Sans Renier Son ADN
Benchmark n’est plus exactement la même structure qu’il y a trois ans. Plusieurs visages ont changé. Les engagements financiers aussi. Cet été, la firme a annoncé deux milliards de dollars répartis sur deux fonds. C’est seulement la deuxième fois en trente-et-un ans d’existence qu’elle s’écarte de sa tradition de véhicules nettement plus modestes. Pourtant, derrière ces chiffres, l’esprit demeure intact.
Peter Fenton, l’un des partenaires historiques, insiste sur le point central : le fonds core reste dédié au travail de proximité avec les fondateurs dès les premières heures. Ce type d’engagement, qui s’étale souvent sur dix à quinze ans, ne se scale pas. « C’est un artisanat », explique-t-il en substance. Pendant vingt ans, le fonds principal est resté plafonné à 500 millions de dollars. L’inflation économique a finalement poussé à un ajustement. Une décision qualifiée de correction tactique plutôt que de révolution.
Le nouveau fonds de croissance de 1,25 milliard de dollars représente en revanche une vraie extension de mandat. Pendant des années, Benchmark a dû renoncer à des opportunités qui auraient pu rapporter entre 10 et 1 000 fois la mise simplement parce qu’elles sortaient du cadre early-stage. Aujourd’hui, la firme se donne la permission d’aller plus loin, tout en gardant la même discipline.
Si le fonds est réussi, un ou deux investissements généreront 90 % des retours. Je pense donc à quatre à six, peut-être sept à huit paris.
– Peter Fenton
Cette concentration extrême contraste violemment avec la tendance actuelle des grands fonds qui déploient des centaines de tickets par an. Pour les fondateurs et les équipes marketing qui cherchent un partenaire de long terme, le message est clair : moins de volume signifie souvent plus d’attention.
Pourquoi Rejoindre Une Petite Structure En Plein Boom De L’IA
Deux nouveaux venus illustrent parfaitement l’attraction que continue d’exercer Benchmark. Ev Randle a rejoint la firme fin 2025 après des passages chez Founders Fund, Bond et Kleiner Perkins. Jack Altman est arrivé en février, alors qu’il venait de lever un second fonds personnel de 275 millions de dollars en une seule semaine et qu’il anime un podcast très suivi.
Leur motivation commune ? La qualité des conversations et la profondeur des relations. Dans les grandes structures hiérarchiques, les décisions passent par des process complexes et des équipes de cinquante ou soixante personnes. Chez Benchmark, on joue comme une équipe de sport : sur le terrain, ensemble, avec une fidélité et un débit d’échanges impossibles ailleurs.
Jack Altman résume le basculement avec une franchise rafraîchissante. Après avoir écouté les partenaires parler de leur volonté d’être les premiers appelés par les fondateurs, de rester concentrés et de vraiment se soucier des entreprises, il a compris qu’il ne voulait plus naviguer seul dans un marché aussi chaotique. L’intelligence collective et l’envie d’apprendre mutuellement ont pesé plus lourd que le statut d’investisseur individuel.
Pour les entrepreneurs qui construisent leur marque personnelle ou leur stratégie de communication, cet exemple est précieux. Même les profils les plus visibles choisissent parfois la force du collectif plutôt que la lumière solitaire.
Des Réunions Du Lundi Sans Aucun Ordre Du Jour
L’une des anecdotes les plus révélatrices concerne les réunions partenaires du lundi. Il n’y a pas d’agenda. Jack a tenté d’en imposer un. On en a beaucoup ri. Eric Vishria explique que ces moments sont une conversation continue, parfois arbitraire en apparence, mais essentielle dans une période de changement rapide. On parle des fondateurs rencontrés, de ce qui a piqué la curiosité, des signaux captés en board meetings, de ce qui devient possible alors que ce ne l’était pas six mois plus tôt.
Avec seulement cinq personnes qui s’apprécient vraiment, il n’est pas nécessaire de systématiser. Après une session publique, les partenaires peuvent dîner avec un entrepreneur qui a bâti une entreprise de plusieurs centaines de milliards de dollars, simplement pour élargir leur réflexion. Pas d’investissement en jeu. Juste de la curiosité intellectuelle.
Chetan Puttagunta ajoute une dimension opérationnelle cruciale : l’absence d’agenda laisse de l’espace pour être réactif. Quand un fondateur a besoin d’aide pour recruter un dirigeant ou sécuriser un partenariat stratégique, les cinq associés peuvent se mobiliser immédiatement.
Dans un monde où les outils de productivité et les process marketing se multiplient, Benchmark prouve qu’un peu de vide structuré reste un avantage concurrentiel puissant.
Un Partenariat D’Égaux Sans Droit De Véto Formel
La structure est égalitaire. Personne ne sait vraiment si un seul partenaire peut bloquer un deal. Il n’existe pas de règles écrites. Et cela n’a jamais posé de problème. Pourquoi ? Parce que le volume d’investissements est volontairement bas. Quand on ne fait que deux ou trois nouveaux paris par an et par partenaire, on n’a pas besoin de CRM sophistiqué ni de votes formels.
Peter Fenton insiste sur une posture d’humilité. Benchmark ne se comporte pas comme un jury de Shark Tank qui décrète « gagnant » ou « perdant ». Les partenaires ressentent plutôt de l’émerveillement face aux possibilités. Si un entrepreneur polarise la salle, la firme n’est probablement pas le bon partenaire pour lui. Les fondateurs le sentent instinctivement.
Cette culture de non-certitude absolue contraste avec le storytelling agressif de nombreux fonds. Elle crée un espace de confiance rare, particulièrement précieux pour les fondateurs qui construisent des produits complexes en IA ou en hardware.
Rester Sélectif Alors Que Tout Accélère
Les entreprises grandissent plus vite que jamais. Le risque de manquer des opportunités est réel. Pourtant, le rythme de Benchmark n’a pas changé. Chetan Puttagunta le dit sans détour : la firme ne sera pas dans toutes les success stories, et c’est parfaitement acceptable. L’objectif n’est pas de couvrir le marché, mais d’identifier des fondateurs dont on peut amplifier une force particulière, puis de trouver le moyen de travailler avec eux, quelles que soient les conditions de la levée.
Cette philosophie a des implications directes pour les équipes marketing et les dirigeants de startups. Dans un environnement où la vitesse est souvent présentée comme la seule vertu, choisir la profondeur plutôt que l’omniprésence peut devenir un positionnement différenciant puissant.
La Question Épineuse Des Conflits Entre Startups
Un sujet brûlant agite actuellement le monde du capital-risque : le fait que certains fonds investissent dans des entreprises concurrentes. Avec l’IA, les frontières se brouillent à une vitesse vertigineuse. Le coût de création de nouveaux produits tend vers zéro. Les fondateurs deviennent ultra-ambitieux et attaquent des surfaces de plus en plus larges.
Eric Vishria rappelle l’éthique de Benchmark : un engagement est pris envers un entrepreneur. Cet engagement implique une exclusivité dans le domaine concerné et une confidentialité stricte. Les évolutions naturelles des business models créent parfois des zones grises, mais la firme s’efforce d’éviter les conflits directs absurdes. Le respect de la relation prime.
Pour les fondateurs, ce point mérite une attention particulière lors du choix de leurs investisseurs. La capacité d’un fonds à gérer les zones de chevauchement avec élégance devient un critère de sélection aussi important que le ticket ou le réseau.
Les Premiers Investissements D’Un Nouveau Partenaire
Jack Altman a déjà réalisé plusieurs investissements pour Benchmark, certains encore non publics. Venant du logiciel, il s’est rapidement aventuré dans les chips, la robotique et l’infrastructure. Ce qui l’a le plus marqué, c’est l’absence totale d’onboarding formel. On lui a simplement dit de ne pas se mettre trop de pression sur le premier deal. Les power laws sont telles que la probabilité que le premier investissement soit le grand gagnant reste faible.
Surtout, il souligne que plusieurs deals n’auraient pas été gagnés sans l’appui de ses partenaires. La dynamique de groupe change la donne, y compris pour convaincre les meilleurs fondateurs.
Cerebras : Le Pari Contre-Intuitif Qui Illustre Tout
L’investissement dans Cerebras, en 2016, reste emblématique. Benchmark n’avait pas touché au hardware depuis dix ans. Eric Vishria reconnaît qu’il ne comprenait pas la majeure partie de la thèse technique. Peter Fenton lui avait même dit la veille que cela allait à l’encontre de tout ce qu’il avait appris en venture. Le lendemain, après le pitch, il avait complètement changé d’avis.
Ce retournement illustre la force de la connaissance mutuelle des instincts. Andrew Ng et ses cofondateurs étaient des hérétiques. Leur discours était non orthodoxe. Aujourd’hui encore, le titre polarise. Et c’est précisément là que Benchmark veut se situer. Si tout le monde est d’accord, pourquoi une startup existerait-elle ?
Le romantisme de tomber amoureux d’un fondateur et d’une idée, c’est la raison pour laquelle on fait ce métier.
– Eric Vishria
Cerebras a levé six milliards de dollars lors de son IPO. Le titre a connu des variations extrêmes, passant de 185 dollars à 350 avant de revenir près de son prix d’introduction. Eric Vishria relativise : les charts de CoreWeave, Datadog, DoorDash ou Amazon montrent des mouvements de 500 % dans les deux sens en une année. Être public demande un estomac en titane.
IPO Classique Ou Direct Listing : Le Débat Continue
Bill Gurley, ancien collègue, a longtemps plaidé pour les direct listings afin d’éviter que le « pop » ne profite surtout aux banquiers. Eric Vishria, qui a travaillé sur un direct listing, reconnaît que cela peut avoir du sens. Mais pour la vague actuelle d’entreprises IA, qui ont besoin de beaucoup de capital, l’IPO classique reste plus probable. Cerebras a levé six milliards. Ce chiffre compte.
La Crainte D’Une Correction Et Le Bruit De X
Beaucoup s’interrogent sur une possible correction sévère. Les free cash flows de nombreuses entreprises IA sont sous pression. Emprunter coûte cher. La première faillite liée à l’IA a même fait les gros titres. Ev Randle apporte une nuance importante : prédire le macro avec précision est un exercice vain. Ce qui a le plus changé, c’est l’environnement informationnel.
Character.AI était déjà le cadavre d’une entreprise dont l’équipe avait été acqui-hire par Google un an et demi plus tôt pour 2,3 milliards. Transformer son Chapter 11 en signal de refroidissement de l’IA relève selon lui de l’écho-chambre hyperactive de X. Les valorisations de CoreWeave ou Nebius sont largement influencées par les ARR estimés de deux sociétés privées qui deviendront probablement publiques dans les douze prochains mois.
Les entreprises du portefeuille Benchmark voient une demande telle qu’elles manquent de compute pour servir des clients prêts à payer avec de bonnes marges brutes. Rien d’intrinsèquement malsain dans l’écosystème IA. Ce qui est malsain, c’est la volatilité générée par des points de données souvent inexacts ou exagérés pour générer des clics.
L’introduction en bourse d’OpenAI et d’Anthropic serait, selon lui, saine. Elle permettrait au marché d’arrêter de osciller de 5 à 10 % à chaque estimation anonyme.
San Francisco Reste Le Centre De Gravité
OpenAI et Anthropic ont recentré l’attention sur San Francisco. Faut-il absolument y être pour fonder une startup aujourd’hui ? Jack Altman répond avec nuance : ce n’est pas obligatoire, mais c’est de loin l’endroit le plus facile pour trouver du talent, du capital et des clients. Les partenaires travaillent avec des entreprises hors de la ville, mais ils sont eux-mêmes à San Francisco tous les jours. Le biais reste fort.
Peter Fenton rappelle que plus de 90 % des retours historiques du capital sont venus d’entreprises fondées ici. Des exceptions magnifiques existent, comme Shopify ou Ramp, mais l’effet écosystème – où chaque succès élève le niveau d’ambition et de talent – n’a pas d’équivalent systémique ailleurs.
Ev Randle pousse l’observation plus loin : la plupart des fondateurs non basés à San Francisco qu’il a rencontrés ces dix-huit derniers mois passent déjà du temps en ville, ouvrent un bureau ou prévoient de s’y installer. Le fer aiguise le fer. Peu de villes offrent aujourd’hui un environnement aussi stimulant pour devenir la meilleure version de soi-même dans l’ère de l’IA.
Ce Que Les Fondateurs Et Les Marketeurs Peuvent Retenir
La conversation des partenaires de Benchmark n’est pas seulement intéressante pour les autres investisseurs. Elle contient des enseignements concrets pour quiconque construit une entreprise, une marque ou une stratégie de communication dans le digital.
Premier point : la concentration bat souvent la couverture. Dans un monde obsédé par le volume de contenus, de posts et de campagnes, choisir de faire moins mais mieux peut créer une différenciation durable.
Deuxième point : la qualité des relations humaines reste un avantage compétitif sous-estimé. Que ce soit entre partenaires d’un fonds ou entre une marque et sa communauté, l’admiration mutuelle et le plaisir de travailler ensemble produisent des résultats difficiles à répliquer par des process.
Troisième point : laisser de l’espace non structuré dans l’agenda permet de rester réactif et créatif. Les meilleures idées naissent rarement dans des réunions parfaitement ordonnées.
Quatrième point : accepter de ne pas être partout. Benchmark assume de manquer des success stories. Les marques les plus mémorables font de même : elles choisissent leurs batailles.
Cinquième point : San Francisco, malgré ses défauts, continue de concentrer un capital humain et intellectuel unique dans l’IA. Ignorer cet effet de réseau serait naïf pour beaucoup de projets ambitieux.
Une Philosophie Qui Résiste Au Temps
En observant Benchmark, on comprend pourquoi certaines cultures d’entreprise traversent les cycles. La firme a connu des changements de partenaires, des évolutions de taille de fonds et un marché qui s’est radicalement transformé avec l’arrivée de l’IA générative. Pourtant, les fondamentaux – petit nombre de paris, conversations continues, engagement profond envers les fondateurs, refus de la frénésie – sont restés constants.
Cette constance est elle-même un message fort dans un secteur qui célèbre souvent le changement permanent. Pour les équipes qui construisent des produits, des campagnes marketing ou des communautés, il existe une valeur réelle à identifier ce qui ne doit pas bouger.
Les partenaires de Benchmark ne prétendent pas détenir la vérité absolue. Ils reconnaissent même ne pas savoir comment fonctionnerait un droit de véto formel. Cette humilité, combinée à une discipline de fer sur le volume et la qualité des relations, produit un style d’investissement reconnaissable entre mille.
Leçons Pour L’Ère De L’Intelligence Artificielle
L’IA a rendu la création de produits plus accessible et a accéléré les cycles de croissance. Elle a aussi augmenté le bruit informationnel et la pression concurrentielle. Dans ce contexte, la capacité à rester focalisé devient encore plus précieuse.
Les fondateurs qui réussissent aujourd’hui ne sont pas nécessairement ceux qui lèvent le plus vite ou qui multiplient les features. Ce sont souvent ceux qui savent amplifier une force distinctive et qui s’entourent de partenaires capables de les accompagner sur la durée. Benchmark incarne ce type de partenaire rare.
Pour les professionnels du marketing et de la communication digitale, le parallèle est direct. Dans un flux permanent de contenus générés par IA, la voix authentique, la relation de confiance et la capacité à dire non deviennent des actifs stratégiques.
Les partenaires ont également souligné un point souvent occulté : beaucoup d’entreprises de leur portefeuille peinent à trouver suffisamment de compute pour répondre à une demande réelle et rentable. Le problème n’est donc pas uniquement spéculatif. Il existe une traction authentique. Le défi consiste à séparer le signal du bruit généré par les réseaux sociaux et les estimations anonymes.
Pourquoi Cette Conversation Compte Au-Delà Du Capital-Risque
L’interview réalisée lors de TechCrunch Disrupt dépasse le simple intérêt sectoriel. Elle offre un contrepoint utile à la narration dominante de l’accélération permanente. Dans la tech, le marketing, la crypto ou la communication, beaucoup d’acteurs se sentent obligés de courir plus vite chaque année. Benchmark montre qu’il existe une autre voie : celle de la profondeur, de la sélectivité et de la relation humaine.
Cette voie n’est pas facile. Elle demande de renoncer à certaines opportunités, d’accepter de ne pas être partout, et de cultiver des relations d’admiration mutuelle rares. Mais elle produit des résultats qui traversent les cycles de marché.
Pour les fondateurs qui cherchent encore leur premier ou leur prochain investisseur, le critère de culture devient aussi important que le chèque. Pour les équipes marketing qui construisent des marques dans un environnement saturé, la leçon de concentration et d’authenticité reste d’actualité.
Benchmark n’a pas inventé la patience. Elle l’a simplement refusée d’abandonner. Dans un marché frénétique, ce choix paraît presque radical. Et c’est précisément pour cela qu’il mérite d’être étudié de près.
Points Clés À Retenir Pour Votre Stratégie
Voici une synthèse opérationnelle de ce que cette conversation peut inspirer, que vous soyez fondateur, investisseur, marketeur ou dirigeant :
- Privilégier un petit nombre de paris ou de projets prioritaires plutôt que de disperser l’énergie
- Cultiver des relations d’équipe fondées sur l’admiration mutuelle et non uniquement sur les process
- Laisser de l’espace non structuré dans les agendas pour rester capable de réagir et de créer
- Accepter de manquer certaines opportunités afin de mieux servir celles qui sont choisies
- Évaluer les partenaires (investisseurs, agences, collaborateurs) autant sur la culture que sur les compétences techniques
- Rester vigilant face au bruit informationnel des réseaux sociaux et privilégier les signaux de demande réelle
- Reconnaître la puissance des écosystèmes physiques même à l’ère du remote
- Conserver une posture d’humilité intellectuelle face à des marchés aussi volatils que l’IA
Ces principes, appliqués avec constance, peuvent transformer la façon dont une startup lève des fonds, dont une marque communique ou dont une équipe priorise ses efforts. Ils ne garantissent pas le succès, mais ils augmentent la probabilité de construire quelque chose de durable dans un environnement qui change à toute vitesse.
Le Pouvoir De La Sélectivité Dans Un Monde De Surabondance
Nous vivons une époque de surabondance. Surabondance de capital dans certains segments, de contenus générés par IA, d’outils marketing, d’informations et d’opportunités apparentes. Dans ce contexte, la capacité à dire non devient un superpouvoir. Benchmark l’exerce avec une discipline rare.
Deux ou trois nouveaux investissements par partenaire et par an. Des réunions sans ordre du jour. Un fonds de croissance volontairement concentré. Un refus de quitter San Francisco malgré les discours sur la décentralisation du talent. Chaque choix renforce les autres.
Pour les professionnels du digital, la leçon est transferable. Une marque qui tente d’être présente sur tous les canaux, de répondre à toutes les tendances et de parler à tous les publics finit souvent par ne parler vraiment à personne. À l’inverse, une marque qui choisit ses combats, ses formats et ses partenaires avec exigence construit une identité plus nette et une relation plus forte.
La même logique s’applique à la construction de produit. Les meilleures entreprises IA ne sont pas nécessairement celles qui empilent le plus de fonctionnalités. Ce sont souvent celles qui amplifient une intuition forte et qui savent dire non aux distractions.
Regarder Vers L’Avenir Sans Perdre Le Fil
Les partenaires de Benchmark n’ont pas prétendu prédire l’avenir avec précision. Ils ont simplement rappelé que le métier d’investisseur, comme celui de bâtisseur d’entreprise ou de marque, reste profondément humain. Les power laws, les cycles de marché et les vagues technologiques existent. Mais au centre, il y a toujours des fondateurs, des équipes et des relations de confiance.
Dans les années qui viennent, l’IA continuera de transformer les possibilités techniques et les modèles économiques. Les valorisations continueront de fluctuer. Les débats sur San Francisco versus le reste du monde reviendront régulièrement. Au milieu de ce tumulte, la capacité à rester concentré, sélectif et authentique dans ses engagements apparaîtra de plus en plus comme un avantage décisif.
Benchmark n’a pas de formule magique. Elle a une culture. Et cette culture, forgée sur plus de trois décennies, continue de prouver sa pertinence même – et surtout – lorsque le marché s’emballe. Pour tous ceux qui construisent dans la tech, le marketing, l’IA ou la communication, observer cette constance offre un point de repère précieux dans un océan de bruit.
La prochaine fois que la pression de tout accélérer se fera sentir, il sera utile de se souvenir de cinq partenaires qui, dans une salle de San Francisco, ont choisi de continuer à se parler sans agenda, de n’investir que lorsqu’ils ressentent de l’émerveillement, et de rester fidèles à une idée simple : mieux vaut amplifier profondément quelques forces exceptionnelles que de disperser son attention sur une centaine d’opportunités moyennes. Dans un marché frénétique, cette simplicité a quelque chose de radicalement moderne.






