Une décision surprenante vient d’être prise par l’administration Trump concernant le secteur de l’hydroélectricité. Après avoir institué des coupes budgétaires massives au sein des agences fédérales en charge de la gestion des barrages hydroélectriques, suscitant de vives inquiétudes quant à la stabilité du réseau électrique dans des régions clés hébergeant des data centers, la Maison Blanche vient de faire volte-face en réembauchant une partie des employés licenciés.
Des licenciements de grande ampleur qui avaient fait polémique
Début février, l’administration Trump avait annoncé des coupes budgétaires draconiennes au sein des quatre « Power Marketing Administrations », les agences fédérales chargées de vendre et de distribuer l’électricité produite par les barrages hydroélectriques appartenant à l’État fédéral. Entre 13% et 20% des effectifs avaient été remerciés, des postes de techniciens de maintenance jusqu’aux équipes gérant les flux d’électricité au quotidien.
Ces agences, financées par la vente d’électricité et non par le budget fédéral, gèrent des barrages emblématiques comme le barrage de Bonneville dans le Nord-Ouest Pacifique ou le barrage Hoover dans le Sud-Ouest. Elles fournissent de l’électricité à des dizaines de millions de foyers répartis dans 34 États.
Ces coupes budgétaires menaçaient la fiabilité et la sécurité du réseau électrique dans des régions abritant de nombreux data centers.
– Tim De Chant, journaliste spécialisé dans les questions énergétiques
Un rétropédalage sous la pression des élus et des clients
Face aux vives critiques suscitées par cette décision, à la fois de la part des élus locaux et des entreprises clientes, la Maison Blanche a décidé de réembaucher au moins une partie des employés licenciés, rapporte le site d’information E&E News.
De nombreux élus s’étaient insurgés contre les risques que ces coupes faisaient peser sur la stabilité du réseau électrique, en particulier dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, deux régions concentrant de nombreux data centers énergivores. Amazon, Microsoft ou Google y exploitent d’immenses fermes de serveurs.
- Les data centers du Nord-Ouest Pacifique dépendent à 90% de l’hydroélectricité
- Ceux du Sud-Ouest sont alimentés à 60% par l’hydroélectricité des barrages fédéraux
Les entreprises clientes, dont les géants de la tech, avaient également fait part de leurs vives inquiétudes à la Federal Energy Regulatory Commission (FERC), le régulateur fédéral de l’énergie, quant aux risques de coupures ou de perturbations d’approvisionnement que faisaient peser ces licenciements massifs.
L’hydroélectricité, un maillon essentiel du mix énergétique américain
Si elle ne représente que 7% de la production électrique totale aux États-Unis, l’hydroélectricité joue un rôle crucial dans certaines régions comme le Nord-Ouest Pacifique, où elle fournit plus de 50% de l’électricité consommée. Elle sert aussi de variable d’ajustement, grâce à sa flexibilité, pour compenser les variations de production des énergies solaire et éolienne.
- Les barrages hydroélectriques fédéraux produisent 40% de l’hydroélectricité américaine
- La plus grande centrale hydroélectrique du pays est le barrage Grand Coulee sur le fleuve Columbia
Au-delà des enjeux de sécurité d’approvisionnement, ce rétropédalage surprise de l’administration Trump illustre les contradictions de sa politique énergétique. Tout en affichant un soutien indéfectible aux énergies fossiles, la Maison Blanche semble avoir pris conscience, sous la pression, de l’importance stratégique de l’hydroélectricité pour la transition énergétique du pays.