Imaginez un instant : vous rêvez d’acheter une maison, mais les taux d’intérêt exorbitants vous bloquent. Pendant la pandémie, les taux étaient à des niveaux historiquement bas, flirtant avec les 2,5 %. Aujourd’hui, ils oscillent autour de 6,84 % pour une hypothèque fixe sur 30 ans aux États-Unis. Cette flambée a exclu de nombreux acheteurs du marché immobilier. Mais que diriez-vous si une solution existait pour contourner ce problème ? Une startup new-yorkaise, Roam, promet de changer la donne en rendant les prêts hypothécaires assumables accessibles à tous. Avec une levée de fonds de 11,5 millions de dollars menée par Keith Rabois de Khosla Ventures, cette jeune pousse ambitionne de transformer le secteur. Plongeons dans cette innovation qui pourrait bien redéfinir l’avenir du logement.
Une Idée Simple, Une Révolution Potentielle
Le concept derrière Roam est aussi ingénieux qu’élégant. Un prêt hypothécaire assumable permet à un acheteur de reprendre le prêt existant d’un vendeur, souvent à un taux bien plus avantageux que ceux du marché actuel. Fondée en septembre 2023 par Raunaq Singh, un ancien de chez Opendoor, Roam s’attaque à un problème majeur : la crise de l’accessibilité au logement. En 2024, la startup a déjà facilité des ventes immobilières pour 200 millions de dollars, touchant plusieurs centaines d’acheteurs. Plus impressionnant encore, 200 000 personnes se sont inscrites sur sa plateforme en un an. Mais comment cela fonctionne-t-il concrètement ?
Des Économies Considérables Pour Les Acheteurs
Le principal atout de Roam réside dans les économies qu’elle offre. Selon Singh, reprendre un prêt à un taux bas peut réduire les mensualités des acheteurs jusqu’à 50 % par rapport aux taux actuels. Prenons un exemple concret : une maison vendue à 420 000 dollars, avec un vendeur bénéficiant d’un taux de 2,25 % et 135 293 dollars de capitaux propres. Traditionnellement, l’acheteur devrait apporter cette somme en cash. Roam, elle, propose une alternative astucieuse.
Avec seulement 5 % d’apport (soit 21 000 dollars dans cet exemple), l’acheteur peut combiner le prêt assumable avec un financement complémentaire. Résultat ? Un taux mixte de 3,45 %, bien en dessous des 6,84 % du marché. Sur la durée d’un prêt, cela représente des centaines de milliers de dollars économisés. Une aubaine pour les primo-accédants ou les familles aux budgets serrés.
« Roam peut faire économiser plus de 200 000 dollars sur la durée d’un prêt à 30 % des Américains. »
– Keith Rabois, Khosla Ventures
Un Modèle Économique Solide
Côté business, Roam ne se contente pas de jouer les intermédiaires. La startup facture 1 % du prix d’achat à chaque transaction. Avec 200 millions de dollars de ventes en 2024, cela se traduit par 2 millions de dollars de revenus sur l’année. Pas mal pour une entreprise qui n’a pas encore deux ans ! Singh prévoit une croissance explosive : d’ici fin 2025, il vise 1 milliard de dollars de transactions. Un objectif ambitieux, mais soutenu par des investisseurs de poids.
Keith Rabois, figure emblématique de la Silicon Valley et co-fondateur d’Opendoor, ne tarit pas d’éloges. Pour lui, Roam est « l’avenir du marché immobilier ». Il a personnellement piloté cette levée de fonds de 11,5 millions de dollars, rejoint par Founders Fund et des anges comme Eric Wu (ex-Opendoor) ou Tony Xu (DoorDash). Cette confiance s’explique par un constat simple : aux États-Unis, 1,4 trillion de dollars de prêts FHA et VA, émis en 2020-2021 à des taux ultra-bas, sont assumables. Roam veut capter cette opportunité.
Comment Roam Simplifie Le Processus
Historiquement, les prêts assumables étaient un casse-tête. Sur des plateformes comme Zillow, trouver une maison avec un tel prêt relevait de l’exploit. Les vendeurs et agents immobiliers ignoraient souvent cette option, et les démarches pouvaient durer jusqu’à 180 jours. Roam change la donne avec une approche technologique. Aujourd’hui, dans une ville comme Houston, la plateforme recense plus de 2 000 biens avec des prêts assumables. Mieux encore, elle réduit le délai de clôture à 45 jours, contre six mois auparavant.
Et si le délai n’est pas tenu ? Roam s’engage à payer l’hypothèque du vendeur jusqu’à la finalisation. Une garantie qui rassure et renforce la confiance des parties prenantes. Autre innovation : les acheteurs obtiennent une pré-approbation avant de faire une offre, ce qui augmente drastiquement les chances d’acceptation par les vendeurs.
- Réduction des délais : de 180 à 45 jours.
- Pré-approbation rapide pour les acheteurs.
- Garantie de paiement pour les vendeurs en cas de retard.
Une Réponse À La Crise Du Logement
La crise de l’accessibilité au logement n’est pas un secret. Aux États-Unis, des millions de personnes peinent à devenir propriétaires face à des prix élevés et des taux d’intérêt dissuasifs. Roam s’inscrit dans une mouvance plus large : utiliser la technologie pour résoudre des problèmes concrets. En opérant déjà dans 17 États (dont la Californie, le Texas et la Floride), la startup prévoit une couverture nationale d’ici fin 2025. Une expansion qui pourrait inspirer d’autres marchés, y compris en Europe.
Pour Rabois, cette solution est unique en son genre. Là où d’autres entreprises promettent des économies modestes, Roam offre un impact tangible. « La plupart des sociétés aident à économiser quelques centaines de dollars par an. Roam, elle, change la vie des gens », insiste-t-il. Un argument de poids dans un secteur souvent critiqué pour son immobilisme.
Les Défis À Relever
Malgré son succès fulgurant, Roam doit surmonter des obstacles. Tout d’abord, la sensibilisation : beaucoup de vendeurs ignorent encore qu’ils détiennent un prêt assumable. Ensuite, la qualification des acheteurs reste un frein. Roam exige une éligibilité aux prêts FHA ou VA, ce qui limite son audience. Enfin, la concurrence pourrait s’intensifier si d’autres acteurs flairent le filon. Mais avec une équipe de 12 personnes et une croissance maîtrisée (2,5 fois plus d’employés contre 5 fois plus de revenus), la startup semble bien armée.
Singh mise sur une approche lean : maximiser l’efficacité sans alourdir les coûts. Une stratégie qui rappelle les succès de la tech moderne, où l’agilité prime sur la taille.
L’Investissement : Un Signe De Confiance
La levée de fonds de 11,5 millions de dollars est un exploit en soi. En une semaine, Roam a bouclé l’opération : réunion le lundi, offre le mardi, signature le vendredi. Une rapidité qui témoigne de l’enthousiasme des investisseurs. Depuis sa création, la startup a récolté 16 millions de dollars en trois tours, chaque fois avec le soutien de Rabois. Preuve que le modèle séduit les ténors du venture capital.
Founders Fund, qui avait déjà investi dans les tours précédents, double la mise. Des noms comme Dylan Field (Figma) ou Paul Gu (Upstart) complètent ce tableau prestigieux. Pour une entreprise qui ne dévoile pas sa valorisation, cette dynamique en dit long sur son potentiel.
Et Après ? L’Avenir De Roam
Roam ne compte pas s’arrêter là. Avec un marché potentiel de 1,4 trillion de dollars rien qu’aux États-Unis, les opportunités sont immenses. Singh envisage déjà des partenariats avec des agents immobiliers et des plateformes comme Zillow pour amplifier sa portée. À terme, Roam pourrait même exporter son modèle à l’international, là où les taux d’intérêt posent des défis similaires.
Pour les entrepreneurs et marketeurs, Roam est une leçon : identifier un problème précis, y apporter une solution technologique, et s’entourer d’experts. Dans un monde où l’innovation est reine, cette startup prouve que même un secteur traditionnel comme l’immobilier peut être disrupté. Alors, la prochaine fois que vous chercherez une maison, penserez-vous à vérifier si son prêt est assumable ?