Agenda Builders Stage Disrupt 2026 San Francisco

Comment transformer une équipe de cinq personnes en une machine capable d’encaisser la pression d’un marché saturé d’intelligence artificielle ? La question n’est plus théorique. Du 13 au 15 octobre 2026, plus de dix mille fondateurs, opérateurs et investisseurs se retrouveront au Moscone Center de San Francisco pour TechCrunch Disrupt. Parmi les six scènes industrielles, le Builders Stage revient avec une promesse nette : moins de slogans, davantage de leviers actionnables pour scaler. L’agenda dévoilé le 2 septembre 2026 dessine une saison où la hype IA ne suffit plus, où le pre-seed se joue avant le produit, et où dix millions de dollars d’ARR deviennent un nouveau plancher d’attente.

Cette scène s’adresse à celles et ceux qui ont déjà validé une intuition et qui doivent maintenant construire une entreprise. Fundraising, recrutement, go-to-market, culture, M&A, santé mentale : le programme mélange case studies, firesides et Q&A live. Des voix comme Grant Lee (Gamma), Leah Solivan (Precedent.vc), Robby Stein (Google), Jas Khaira (Blackstone N1) ou Maria Angelidou-Smith (Reddit) y poseront des arbitrages concrets. Voici une lecture orientée business de cet agenda, pensée pour les équipes marketing, produit et growth qui devront décider vite.

Pourquoi Le Builders Stage Compte En 2026

Construire un MVP et construire une compagnie qui tient dix trimestres d’affilée n’appartiennent plus au même métier. Le Builders Stage isole ce second métier. Il s’agit de l’une des six scènes thématiques de Disrupt 2026, dédiée à la croissance : capital, talent, moteur commercial, bascule seed vers Series A. Chaque session promet des tactiques utilisables dès le lundi suivant, plus un accès direct aux intervenants pendant les questions.

Le contexte explique l’urgence. Les modèles frontière avancent plus vite que les roadmaps indépendantes. Les fonds exigent une qualité de revenus que l’on réservait autrefois à la Series B. Les grilles de rémunération se déforment sous la pression des laboratoires IA. Dans ce climat, une scène qui parle d’exécution plutôt que de vision générale devient un avantage compétitif pour qui sait écouter.

Building a startup is one thing. Building a company that can scale is another challenge entirely.

– Positionnement officiel du Builders Stage, Disrupt 2026

Le rendez-vous se tient à San Francisco, ville encore centrale pour le capital-risque américain malgré la dispersion des équipes. S’y rendre, ce n’est pas seulement collectionner des slides : c’est croiser, dans le même bâtiment, les jurés du Startup Battlefield, des associés de fonds globaux et des opérateurs qui ont déjà franchi le cap des cent millions d’utilisateurs.

Gagner Sans Vendre De L’Ia : Revenir Aux Fondamentaux

La session How to Win When You’re Not Building AI réunit Shan Shan (Baillie Gifford) et Yuri Sagalov (General Catalyst). Le message est contre-intuitif dans un cycle où chaque pitch deck ouvre sur un agent. Beaucoup d’entreprises durables ne vendront jamais un modèle. Elles vendront de la rétention, une unité économique saine, une exécution disciplinée.

Pour un CMO ou un fondateur non IA, l’intérêt est double. D’abord, cesser de se justifier d’exister hors du récit dominant. Ensuite, réapprendre à raconter la qualité du revenu : concentration clients, renouvellement, marge contribution, cycle de vente réel. Les panelistes insisteront sur ce qui capte encore l’attention des comités d’investissement lorsque tout le monde parle d’agents : croissance efficiente plutôt que croissance achetée.

  • Mesurer la rétention avant le volume d’inscriptions.
  • Documenter la qualité du revenu, pas seulement l’ARR brut.
  • Tenir un rythme d’exécution visible trimestre après trimestre.
  • Refuser le cosmétique IA qui n’améliore ni le coût d’acquisition ni la LTV.

Cette conversation sert aussi les équipes qui utilisent l’IA en interne sans en faire le produit. L’outil devient un multiplicateur d’exécution, pas un argument de levée. Distinguer les deux évite de se faire juger avec les métriques des laboratoires fondationnels.

Quand Un Géant Livre Votre Roadmap

Michel Tricot (Airbyte), Rob Toews (Radical Ventures) et Linda Tong (Webflow) s’attaquent à l’angoisse partagée : et si OpenAI ou Anthropic sort demain la fonction qui justifiait votre série ? Le risque n’est plus hypothétique. Un produit solide peut se réduire à une case dans le menu d’une plateforme dominante.

La défensibilité se déplace. Elle habite moins le modèle que la donnée propriétaire, le workflow métier, la distribution, la confiance réglementaire, le switching cost opérationnel. Les fondateurs devront expliquer où vit réellement l’avantage si le raisonnement brut devient un commodité.

Côté communication digitale, cela change le narratif. On arrête de promettre « notre GPT vertical ». On promet un système d’enregistrement, une communauté captive, une intégration que le géant n’aura pas le temps de soigner. Webflow et Airbyte incarnent deux écoles : l’une ancrée dans la création, l’autre dans l’infrastructure de données. Le parallèle aide à situer son propre fossé.

Capital Et Ambition : Bâtir La Prochaine Génération De Géants Ia

Jas Khaira, Global Head de Blackstone N1, interviendra seul sur le rythme inédit des startups IA. Elles lèvent plus tôt, brûlent plus vite, et demandent des tickets que les millésimes précédents réservaient à des scale-ups déjà internationales. La question n’est plus seulement « combien » mais « à quelle cadence le capital devient un accélérateur plutôt qu’un anesthésiant ».

Blackstone observera la séparation entre momentum précoce et entreprise durable. Pour les fondateurs, cela veut dire préparer un récit de déploiement du capital : recrutements critiques, go-to-market, infrastructure, international. Un chèque massif sans plan d’absorption crée de la dilution culturelle autant que financière.

Les équipes finance et ops devraient sortir de cette session avec une grille simple : quels postes le capital doit-il réellement multiplier ? Quels indicateurs prouvent que chaque dollar supplémentaire raccourcit le chemin vers le prochain palier, au lieu d’acheter du confort ?

Guerre Des Talents Ia : Paie, Equity, Rétention

Deux sessions traitent le sujet, signe qu’il écrase le reste. Matt Birnbaum (Wylder.co), Ioana Hreninciuc (Runware) et Atli Thorkelsson (Redpoint Ventures) décrivent un marché où chaque scale-up IA distord les grilles de tout l’écosystème tech. Secondaries, attentes d’equity liquide plus tôt, culture hybride humains-agents : le « people stack » se redessine.

Pour le marketing et les RH startups, trois tensions dominent. Attirer sans exploser le burn. Garder les profils rares quand un laboratoire propose un multiple. Préserver une culture alors que l’équipe mixte humains et systèmes autonomes. La compensation n’est plus un tableur annuel : c’est un produit interne, avec onboarding, clarté de carrière et liquidité partielle.

  • Cartographier les rôles vraiment rares versus les rôles désormais assistés.
  • Rendre l’equity lisible : vesting, scenarios de sortie, secondaries.
  • Traiter la rétention comme un funnel, avec les mêmes rituels qu’un GTM.
  • Aligner managers sur ce que l’IA prend en charge sans diluer la responsabilité.

La reprise du thème plus tard dans l’agenda, avec les mêmes experts talent, confirme qu’il n’existe pas de recette unique. Le marché évolue trop vite. Les fondateurs devront itérer leurs packages comme ils itèrent leur pricing.

Lever Un Pre-Seed Sans Produit

Puneet Agarwal (True Ventures), Austin Clements (Slauson and Co) et Sandhya Venkatachalam (Axiom Partners) s’intéressent à un paradoxe devenu norme : on demande aux fondateurs de compétitionner pour le capital avant même qu’un artefact existe. Au pre-seed, le pari porte sur l’histoire, la conviction et le founder-market fit.

La crédibilité se fabrique. Entretiens clients répétés, proto narratif, preuves de distribution personnelle, clarté du « why now », réseau d’introductions propres. Les investisseurs n’achètent pas une maquette : ils achètent la capacité à enchaîner les apprentissages plus vite que les autres.

Pour qui vient du marketing, c’est une leçon de positionnement appliqué à soi-même. Le pitch pre-seed ressemble à une landing page : promesse nette, preuve sociale naissante, objection principale traitée en une phrase. Sans vanity metrics. Avec une séquence d’expériences que le fonds peut visualiser sur les six prochains mois.

Du Mvp Aux Milliards D’Utilisateurs

Robby Stein, VP Product chez Google, tiendra un fireside sur le moment où les instincts du premier produit deviennent toxiques. Ce qui gagne à mille utilisateurs — ship rapide, dette assumée, intuition du fondateur — casse à l’échelle du milliard. Chaque release touche alors la confiance, la fiabilité, parfois la sécurité d’écosystèmes entiers.

Le sujet dépasse Google. Toute scale-up qui passe du power user au grand public rencontre le même dilemme : vitesse contre confiance, innovation contre stabilité. Les équipes produit devront formaliser des garde-fous sans tuer le rythme. Feature flags, expérimentations bornées, critères de rollback, gouvernance des modèles génératifs intégrés au produit.

Les marketeurs y trouveront un angle sous-estimé : à grande échelle, la communication de release devient un acte de gestion du risque réputationnel. On n’annonce plus seulement une nouveauté. On explique ce qui ne cassera pas.

Embaucher Quand L’Ia Devient Co-Fondateur

Josh Reeves (Gusto) ouvrira le débat sur les équipes hybrides. Les early-stage ne construisent plus seulement avec l’IA : elles l’embauchent. Agents d’ingénierie, support, ops. La définition d’une « petite équipe » change. Trois humains plus une flotte d’agents peuvent produire le débit d’une squad de quinze, à condition de savoir qui reste responsable.

Le danger est culturel. Déléguer sans accountability crée des zones grises. L’inverse — tout garder humain par principe — fait perdre la course au délai. La session cherchera la ligne : quelles décisions restent humaines, quels flux partent en automatisation, comment on audite le travail des agents comme on audite un junior.

Pour la communication interne, il faudra un langage nouveau. On ne parle plus seulement d’org chart. On parle de graphe de responsabilités humains-systèmes, mis à jour aussi souvent que la stack modèle.

Reconstruire Les Produits Grand Public Pour L’Ère Ia

Maria Angelidou-Smith, CPO de Reddit, portera la voix produit consumer. L’annonce évoque aussi des leaders de Square et Uber : recherche, découverte, communication, mobilité, décision d’achat. L’IA n’ajoute pas une pastille magique. Elle force à revoir les parcours que des millions de personnes utilisent déjà.

Le point le plus utile pour les équipes growth : résister à l’automatisation totale. Les utilisateurs veulent de l’aide, pas la disparition du contrôle. Les produits qui tiendront distingueront les moments où l’assistance accélère et ceux où l’humain veut encore choisir, commenter, appartenir à une communauté.

Reddit est un cas d’école. La plateforme vit de conversations. Injecter de la génération sans casser le contrat social de la communauté serait une erreur de produit autant que de marque. La session devrait servir de rappel : l’IA grand public se juge à l’usage réel, pas à la démo de conférence.

Le M&A Comme Stratégie Early-Stage

Karl Alomar (M13) et Lindsey Mignano (Mignano Law Group) inversent un tabou. Les fondateurs avisés ne construisent plus seulement pour l’IPO. Ils construisent, dès le premier jour, l’option d’une acquisition. Dans un marché d’exits plus étroits et de capital plus sélectif, comprendre le M&A tôt devient un avantage.

Cela ne signifie pas « se vendre trop tôt ». Cela signifie architecturer le produit, les partenariats et la propriété intellectuelle de façon à rester achetable. Clean cap table, données propriétaires, canaux de distribution complémentaires à un acteur plus large, relations déjà nouées avec des corporates.

Les juristes et les boards devraient sortir avec une check-list : quels contrats bloquent une due diligence ? Quelles dépendances technologiques font fuir un acquéreur ? Quelles métriques un corporate valorise réellement, au-delà du storytelling VC ?

À Quoi Ressemblera La Series A En 2027

Jahanvi Sardana (Index Ventures), Shailendra Singh (Peak XV) et Janelle Teng Wade (Bessemer Venture Partners) projettent le prochain cycle. La Series A se durcit. Les fonds demandent plus. Pour qui lève dans un à deux ans, « fundable » changera de définition.

Les playbooks datés — croissance vanity, slides de TAM infini, équipe incomplète promise « après la levée » — perdent de la force. Ce qui séparera le peloton : métriques de rétention, équipe déjà capable d’exécuter, preuve que le canal d’acquisition n’est pas un accident unique, narration sobre sur l’IA.

Anticiper 2027 aujourd’hui, c’est choisir maintenant les KPI que l’on acceptera de montrer. Mieux vaut un tableau de bord exigeant qu’une course tardive pour maquiller un funnel. Les associés présents couvrent l’Europe, l’Asie et les États-Unis : utile pour les fondateurs qui lèvent cross-border.

Le Gtm En 90 Jours : De Zéro À Dix Millions D’Arr

Ryan Meadows (Lovable), Tomasz Tunguz (Theory Ventures) et Ben Broca (Polsia) formulent le nouveau baseline. Ce qui prenait des années est désormais attendu en mois. Le corridor 0–10 M$ d’ARR devient une référence early-stage, accélérée par l’exécution assistée, la distribution plus rapide et des attentes investisseurs compressées.

Les 90 premiers jours après un vrai go-to-market comptent plus que jamais. Choix du segment, promesse d’offre, canal primaire, rythme de closing, instrumentation du funnel. L’IA n’efface pas le métier commercial ; elle raccourcit le cycle de test. On itère le script, la page, l’outbound et le product-led motion dans le même sprint.

  • Un seul ICP prioritaire pendant le premier trimestre commercial.
  • Un canal maître, deux canaux d’appui, zéro dispersion décorative.
  • Un rituel hebdomadaire de revue win/loss, pas un reporting cosmétique.
  • Un objectif d’ARR ambitieux mais découpé en preuves intermédiaires.

Tunguz, connu pour sa lecture quantitative du SaaS, devrait ancrer la discussion dans des ratios plutôt que dans des anecdotes. Meadows, côté revenue ops d’une scale-up très visible, apportera le terrain. L’alliance des deux profils est précisément ce que le Builders Stage cherche à vendre : théorie plus execution.

Tokenmaxxing Réel : Vivre Dans Un Monde Multi-Modèles

Mo Jomaa (Capital G) et Zuzanna Stamirowska (Pathway) aborderont l’orchestration. Les équipes qui gagnent ne misent plus sur un seul modèle. Elles évaluent en continu, arbitrent coût et fiabilité, architecturent des produits capables de changer de cerveau sans tout réécrire.

Le « tokenmaxxing » n’est pas une blague de Twitter. C’est une discipline d’achat d’inférence, de routing, de cache, de fallback, de qualité de sortie. Pour le business, cela se traduit en marge brute. Un produit IA dont le COGS explose à l’usage n’est pas un produit scalable, c’est une démo chère.

Les CTO et les CFOs devraient écouter ensemble. Trop souvent, le choix de modèle reste une décision engineering isolée. Or il conditionne le pricing, le SLA client et la promesse marketing. Une architecture multi-modèles bien expliquée rassure aussi les fonds : l’entreprise n’est pas otage d’un fournisseur unique.

Ai Disruptors 60 : Ce Que L’Ia Peut Faire Ensuite

Shay Grinfield / Shay Grinfeld de Greenfield Partners fera basculer la conversation du langage vers l’action. Agents qui naviguent le web ouvert, systèmes de recherche ambitieux, machines qui sortent de l’écran, nouvelle couche d’infrastructure. La séance culminera avec le révélation des AI Disruptors 60 2026, liste conjointe Greenfield et TechCrunch des sociétés qui poussent l’IA hors du chatbot.

Pour un lecteur marketing, cette révélation vaut un radar concurrentiel. Elle indique où le storytelling collectif va se déplacer : moins « notre modèle parle bien », davantage « notre système termine le travail ». Les budgets attention se réorienteront vers les catégories agentiques, la recherche scientifique assistée et l’infrastructure qui rend cela opérable à l’échelle.

Garder la tête froide reste essentiel. Une liste de soixante noms crée de la FOMO. Elle ne crée pas automatiquement un marché. Le filtre utile : quelles compagnies ont déjà un usage répétitif, un acheteur identifiable et une unité économique qui n’explose pas avec le volume de tokens ?

Faux Product-Market Fit : Les Signaux D’Alerte

Rajeev Dham (Sapphire Ventures) et Rahul Vohra (Superhuman Mail) s’attaquent à un angle mort du cycle hype. Les signaux de PMF sont plus faciles à simuler et plus durs à croire. Excitation initiale, pics d’usage, pilotes gagnés : tout cela peut masquer l’absence de pull durable.

Vohra a longtemps popularisé des méthodes quasi obsessionnelles pour mesurer le désir réel d’un produit. On peut s’attendre à une discussion sur la rétention vraie, la douleur au retrait du produit, la qualité des comptes qui restent après la fin des crédits offerts. Dham, côté late-stage, rappellera ce qui survit à la due diligence.

Les fondateurs devraient arriver avec leurs propres doutes plutôt qu’avec un dashboard triomphal. Le PMF n’est pas un badge LinkedIn. C’est un comportement d’acheteur qui se répète sans stimulation artificielle. Dans un marché où l’essai gratuit IA est devenu banal, ce critère durcit encore.

Le Playbook Zéro À 1 000 Clients Sans Budget Ads

Grant Lee (Gamma), Leah Solivan (Precedent.vc) et Elia Wallen (Engine) rappellent une vérité early-stage : les premiers clients ne s’achètent pas, ils se gagnent. Pas de marque, pas de scale, seulement de l’urgence et de la créativité. Communauté, product-led growth, vente menée par le fondateur, outbound chirurgical, bouche-à-oreille.

Gamma illustre le PLG contemporain : un produit qui se montre, se partage, se copie. Precedent.vc apporte le regard fonds sur ce qui, dans une traction organique, est reproductible. Engine complète par l’exécution commerciale brute. Ensemble, ils couvrent le spectre distribution sans media buying.

  • Transformer chaque utilisateur précoce en canal, pas seulement en logo.
  • Documenter les boucles de partage natives au produit.
  • Tenir un rythme d’outbound fondateur tant que le playbook n’est pas déléguable.
  • Mesurer le temps jusqu’à la première valeur, pas seulement les inscriptions.

C’est l’une des sessions les plus transposables pour une audience francophone. Les budgets ads européens early-stage sont souvent plus minces. Maîtriser la distribution fondateur-led reste le vrai avantage, IA ou pas.

Oui, Être Fondateur Est Difficile

Nell Daly (Revenge Capital), David H. Rosmarin (Harvard Medical School) et Jack Withinshaw (Airspeeder) ouvrent un angle trop rare dans les agendas conférence : le coût psychologique. Burnout, fatigue décisionnelle, tension d’identité sous pression prolongée. Le récit public de la startup sous-estime encore cette charge.

L’intérêt n’est pas thérapeutique au sens vague. Il est opérationnel. Un fondateur épuisé prend de mauvaises décisions de pricing, de hiring, de communication de crise. Les systèmes mentaux — rituels, délégation, limites de disponibilité, cadre clinique quand nécessaire — font partie de l’infrastructure de l’entreprise, au même titre que le data warehouse.

Pour les boards et les investisseurs dans la salle, le sous-texte est clair : accompagner la performance durable, pas seulement célébrer l’intensité. Les scale-ups qui tiennent cinq ans traitent souvent mieux ce sujet que celles qui flambent trois trimestres.

Vous Avez Un Produit Qui Marche. Comment Recommencer ?

Filip Kaliszan (Verkada), Aaron Jacobson (NEA) et Maddi Holman (Daring Ventures) s’intéressent au deuxième acte. Beaucoup de startups s’arrêtent parce qu’elles ont un seul grand produit, pas un moteur multi-offres. Quand la courbe du core flatten, il est trop tard pour improviser.

Le playbook évoqué : allocation de capital interne, innovation systémique plutôt qu’héroïque, ingénierie d’un second acte avant que le premier s’essouffle. Verkada, passée d’une offre hardware-software à une plateforme plus large, fournit un cas de compound. Le VC dans le panel rappellera comment les fonds jugent la capacité à recycler le talent et la distribution vers une nouvelle ligne.

Les équipes marketing y voient un défi de marque. Le second produit ne doit ni cannibaliser le récit du premier ni paraître opportuniste. Il doit étendre le job-to-be-done que les clients associent déjà à l’entreprise.

Transformer Un Pic Viral En Entreprise

Zach Yadegari (Cal AI) prendra le micro sur un scénario de plus en plus fréquent : passer de zéro à la viralité en une nuit, puis découvrir que tenir la vague est un autre métier. Pression produit, files d’attente infra, support saturé, copies qui surgissent, investors qui appellent trop tôt.

La leçon attendue concerne la conversion de l’attention en rétention. Un spike de téléchargements n’est pas un moat. Il faut un onboarding qui tient, une raison de revenir, une communauté ou une donnée qui s’accumule. Cal AI a vécu la distribution contemporaine, très visuelle, très rapide ; le fireside devrait détailler ce qui a survécu après le bruit.

Les growth marketers devraient noter les mécaniques de capitalisation : capture d’emails, boucles de partage, offre payante au bon moment, résistance à ajouter dix features pendant le pic. La tentation de tout livrer d’un coup tue souvent le produit qui venait de trouver son angle.

Le Filtre Haute Conviction Du Battlefield

Alexa von Tobel (Inspired Capital) et Chi-Hua Chien (Goodwater Capital) débrieferont le Startup Battlefield de l’édition 2026. Quelles qualités de fondateurs ont tranché en temps réel ? Quelles narrations ont résonné ? Comment le storytelling startup évolue-t-il après le projecteur ?

Le plus précieux se joue après la scène : les douze mois qui suivent un lancement, une levée ou une apparition Battlefield. Le spotlight crée une dette d’attente. Clients, presse, candidats, fonds. Tenir le rythme post-conférence est un métier à part, rarement enseigné.

Une session sœur, Ask the Investors, ouvrira le micro à la salle avec Stacy Brown-Philpot (Cherryrock Capital), Chi-Hua Chien, Dayna Grayson (Construct Capital), Carter Reum (M13) et Alexa von Tobel. Questions sur l’équipe, la traction, le marché, la delivery du pitch, les red flags. Format rare : les jurés des finales répondent sans filet.

Comment Lire Cet Agenda Si Vous N’Irez Pas À San Francisco

Tous les lecteurs ne prendront pas l’avion. L’agenda reste pourtant une carte mentale du marché 2026-2027. On y voit les obsessions des allocateurs : qualité de revenu, talent, GTM compressé, défensibilité face aux plateformes, santé du fondateur, optionnalité M&A, orchestration multi-modèles.

Une équipe peut transformer cette carte en plan interne de quatre-vingt-dix jours. Choisir trois sessions comme piliers. Traduire chaque pilier en décision : une métrique de PMF plus honnête, une politique d’equity revue, un test GTM borné, une architecture modèle qui n’enferme pas le COGS, un récit Series A écrit trop tôt plutôt que trop tard.

Les médias spécialisés, dont TechCrunch, continueront d’annoncer des speakers supplémentaires à l’approche d’octobre. L’ossature, elle, est déjà lisible. Elle dit qu’après trois années de fascination pour ce que les modèles peuvent dire, le marché bascule vers ce qu’ils peuvent accomplir — et vers ce que les humains doivent encore porter.

Checklist Pratique Avant Octobre 2026

Plutôt qu’une conclusion vague, voici une liste de travail pour une équipe fondatrice, growth ou ops qui veut arriver préparée, sur place ou à distance.

  • Écrire en une page ce qui resterait vrai si un laboratoire livrait demain votre feature phare.
  • Séparer vanity usage et rétention payante sur les quatre dernières cohortes.
  • Cartographier les rôles humains versus agents, avec un responsable nommé pour chaque flux critique.
  • Chiffrer le COGS d’inférence à trois niveaux d’usage, pas seulement au stade démo.
  • Préparer un récit pre-seed ou Series A qui parle de revenus et d’équipe, pas seulement de modèle.
  • Décider d’un canal GTM maître pour les 90 prochains jours.
  • Ouvrir le dossier M&A : cap table, IP, dépendances, relations corporates.
  • Instaurer un rituel de récupération pour le comité de direction, traité comme un KPI.

Disrupt 2026 posera une question simple et rude : comment construire de façon soutenable à l’ère de l’IA ? Le Builders Stage n’y répondra pas par un manifeste. Il alignera des praticiens qui ont déjà payé le prix de mauvaises réponses. À chacun d’en extraire une doctrine maison, plus étroite, plus mesurable, plus honnête que le cycle d’annonces qui continuera de défiler sur les autres scènes.

San Francisco en octobre sera bruyant, comme toujours. La valeur se logera dans les arbitrages discrets : ce que l’on arrête de financer, ce que l’on refuse d’automatiser, ce que l’on accepte enfin de mesurer sans maquillage. C’est à cette discipline, plus qu’à la liste des logos sur l’affiche, que servira réellement l’agenda du Builders Stage.

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